‹ Mémoires de Fléchier sur les grands-jours d'Auvergne en 1665Chapitre 8 sur 129 · On peut le lire à la suite de cette Introduction · texte numérisé non relu

On peut le lire à la suite de cette Introduction

INTRODUCTION. x\

naisseurs et les amateurs de la pure langue, que, cédant à de si vains scrupules, l'éditeur ait mis je ne sais quoi du sien dans ce portrait qui, tel qu'il est, nous paraît si charmant et de toute perfection, mais qui serait plus juste encore si l'on n'y avait rien changé! car la diction de Fléchier, c'est la finesse, la justesse et la propriété même. Voilà pourtant ce qui serait immanquablement arrivé à la Relation des Grands- Jours si on l'avait publiée plus tôt1. Cette production, aussi curieuse qu'agréable, ne pouvait paraître dans toute sa sincérité et son intégrité, comme avec toute sa saveur, qu'après la vraie renaissance de goût pour le xvne siècle, et cette reprise d'étude intelligente qui fait tant d'honneur à notre âge.

Ajoutez qu'à mesure qu'on s'éloigne de ces temps anciens et de ce régime aboli, il devient d'un intérêt historique sérieux d'en bien connaître les mœurs, les usages, les particularités, les excès; de voir toute une province, et des plus rudes, saisie au vif et prise sur le fait dans ses éléments les plus saillants et les plus heurtés, dans sa noblesse, son clergé, son tiers état, et ses paysans; d'assister à l'enquête et à la justice, souvent bien expéditive, qu'on y fait au nom de l'autorité royale, treize ans seulement après les rébellions de la Fronde. Telle est la qualité nouvelle que la Relation de Fléchier a acquise en vieillissant: ce qui, pour l'auteur devenu tout à fait grave, n'était plus qu'une bagatelle de société, ce qui a pu continuer de paraître tel en effet jusqu'à la tin du xvme siècle, et tant que dura l'ancienne monarchie, a pris, à la distance où nous sommes, toute l'importance d'un témoignage circonstancié , d'un tableau neuf et hors de prix. Là où Fléchier n'avait songé qu'à exercer sa

1 . Le conseiller Ménard essaya de la publier dans le tome second des OBwores de Fléchier , dont il se fit l'éditeur en 1763; mais de cette édition , le tome premier seul a paru. Ce tome second dont il n'y a eu que le commencement d'imprimé, et qui devait contenir la Relation d(s Grands-Jours, rôté et détruit. (Voir le Catalogue de la bibliothèque de M.Monmer- S&l , article 1786. j Vn exemplaire, unique peut-être, a échappé, et l'on en a tiré une ou deux corrections utiles pour la présente édition.

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