En vertu d'une lettre de cachet. (Nute de Dongois
PROCÈS Dl VICOMTE DE LA VOTHE-CANILLAC. 369
l'ROCES ni! VICOMTE DE LA BOTfflS-CAHILLÀC.
(Voy. p. 52.)
Le vicomte de La Mothe-Canillac, riche de trente mille livres de rente , et de l'une des premières maisons d'Auvergne , fut arrêté le vendredi 25 septembre , à cinq heures du matin , à Clermont. Le bruit étoit qu'il alloit partir pour se sauver , quoiqu'il fût venu, à ce que l'on en disoit dans la ville , comme le plus irréprochable de ces gentilshommes , avec intention d'être le bureau d'adresse de ceux qui seroient, pendant les Grands-Jours, en peine. Il avoit donné, en 1654, à un gentilhomme nommé Alexandre de Montservier, sieur d'Orsonnette , cinq mille livres , pour lever une compagnie de cavalerie. D'Orsonnette prétendit qu'il n' avoit pas entendu s'engager contre le service du roi , et qu'il croyoit que le sieur de La Mothe eût commission de Sa Majesté , et dissipa sa compagnie. Le sieur vicomte de La Mothe , irrité , protesta publiquement de se venger de d'Orsonnette , et de le charger en quelque lieu qu'il le trouvât. Des gentilshommes de la province s'entremirent de l'accommodement , et rirent passer une obligation de la somme par d'Orsonnette, au profit du sieur vicomte de La Mothe. D'Orsonnette, dans le temps que l'obligation fut passée , avoit fait des protestations qu'elle avoit été tirée de lui par force , et qu'il avoit rendu la somme. Il prit , peu de temps après, des lettres pour se faire restituer contre l'obligation ; ce qui aigrit tellement le sieur de La Mothe, qu'il envoya , comme il étoit prouvé , plusieurs fois des cavaliers pour ruiner les jardins de d'Orsonnette , et l'attendre à la sortie de sa maison pour l'assassiner ; et enfin il parut , par le procès , que le sieur de La Mothe ayant su que d'Orsonnette devoit aller avec deux sergents faire donner un exploit à la marquise d'Allègre , et qu'il falloit nécessairement qu'il tra-