‹ Mémoires de Fléchier sur les grands-jours d'Auvergne en 1665Chapitre 85 sur 129 · I. Extrait du Journal tir Dongois, M · texte numérisé non relu

I. Extrait du Journal tir Dongois, M

versât le grand chemin en un certain lieu , partit de son château de la Mothe accompagné de quatorze ou quinze personnes bien montées et bien armées ; qu'ayant aperçu d'Orsonnette avec ses deux sergents et un valet à cheval , et deux ou trois autres personnes fort mal montées , qu'il avoit rencontrées en chemin , il cria aussitôt aux gens de sa suite : Tue ! tue ! et que tous , lui à la tète , le fusil à la main , suivirent d'Orsonnette et son fauconnier, qui étoient mal montés , et qui prirent la fuite vers la ville d'Ozon , où enfin ils furent attrapés par le sieur vicomte de La Mothe et ses gens ; que le fauconnier fut tué sur la place d'un coup de fusil qui lui fut tiré dans le derrière de la tête en fuyant , et que d'Orsonnette reçut un coup de fusil dans une épaule , dont il fut jeté à terre de dessus son cheval , lequel coup le sieur de La Mothe avoua , par des lettres de rémission qu'il prit de M. de Caumartin , garde du sceau , lui avoir tiré , et qu'il en avoit été tellement blessé , qu'il fut laissé pour mort sur la place. Les parties ayant fait informer respectivement, d'Orsonnette à Riom, et le sieur de La Mothe , qui prétendoit que d'Orsonnette l' avoit attendu sur le grand chemin pour l'assassiner, par un exempt du prévôt des maréchaux , le sieur de La Mothe se pourvut au grand conseil , où il obtint des défenses , ce qui arrêta l'affaire pendant huit ou dix ans ; mais enfin la séance des Grands-Jours ayant été ordonnée, le lieutenant criminel de Riom porta à M. le président et à M. Talon , le jour qu'ils passèrent à Riom, la procédure qu'il avoit faite contre le sieur de La Mothe ; et, en vertu de son décret, M. le président et M. Talon envoyèrent arrêter le sieur de La Mothe à Clermont , où on leur dit qu'il étoit, par le grand prévôt et l'huissier Carlier.

Page 1