MÉMOIRES DF. FJ.F.TT.Y
notes se suivaient régulièrement; il y avait concordance dans les dates. Seulement, il existait des lacunes : plusieurs feuilles , où je parlais du premier consul , du consul à vie, de l'empereur, avaient été soustraites. Je fouillai dans nia mémoire , et j'eus bientôt reconstruit mon échafaudage. Il n'est rien comme le fruit défendu. Comment donc ! j'étais auteur, auteur presque prohibé! Dès lors je regardai mon ouvrage d' un œil plus paternel; je l'augmentai; je le revis. Sou enlèvement m'avait appris à l'aimer. Au retour je lui trouvai un air de livre tout-à-fait convenable ; je lui lis un peu de toilette , hélas ! à ma manière ; j'en appris quelques pages par cœur, que j'allai récitant, lâtaut ainsi mou public pour un avenir littéraire qui ne se réalisera peut être jamais.
Et pourtant , si cela arrive , c'est à l'abdication de Ferdinand VU qu'on devra ces mémoires d'un comédien.