CHAPITRE X
.qui aligne des planches en chantant la chanson des Brotleaux ; plus un joli jardin garni de fleurs, d'espaliers , d'nne tonnelle, meublé d'un banc de bois, embtdli de quelques perches de gazon oii cabriole une chèvre, la chèvre de la mère The'venin , laquelle, à l'aspect de visages de comiaissance, se met à brouter de bon appétit , oubliant qu'elle est arrivée du malin même par la malle-poste.
Une seule chose taisait de la peine à notre camarade : c'était la ténacité de sa mère sur l'article du spectacle. Un orgueil assez légilinie lui faisait désirer que ses parens la vissent dans ses jours de Iriomphe. Elle justifierait airisi sa vocation, en les rendant plus fiers d'elle; n'est-il pas d'ailleurs un secret sentiment qui nous fait aimer à nous parer de nos succès devant ceux dont l'alfiction nous est chère? Maître Thévcnin, lui , s'était montré moins récalcitrant, et, sans en rien dire à sa femme, il était allé voir un peu ce que chantait cette comédie dont il sortit enthousiasmé , de sa fille surtout : il s'étonnait d'être le j)prc d'une fenimo si gracieuse, si spirituelle et tant applaudie; et maintenant c'était lui qui [)()ussail à la roue po'.ir que sa femme vît enfin de (juelle fille ils avaient fait présent au monde ; mais ]\lme Thévcnin portait un peu les hauts-de-chausses , et il n'osait trop aborder la grande question, quand il trouva l'expédient d'nne négociation par un tiers.
Ce fut U^^ de Mouhy, on Mouchy, je ne puis dire si c'est la maréchale , je ne puis même certifier que ce soit ce nom-là, et je n.'irai pas consulter notre amie pour rectifier, je recevrais bien vite défense expresse de rien révéler {]i\ la sorte. Quoi (pi'il en soit , une Irès-graude dame dont notre Devienne était fort aimé.', et qui par conîre-conp avait été enchantée de la mère Thévcnin , se chari^ea d'amener à fin b's scrupul<.'s de la L-onne femme.
La besogne lui difficile; il fallut revenir souvent à la charge, et Dieu sait ce (jn'on répondait : « C'était se damner! On voyait an théâtre d(s choses qu'une ame chrétienne devait fuir. » M»'<^ de Mouchy, de Mouhy (ou autre-
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ninil) se f.lcha ; elle voulut m t re ce pied (in mur.
— Pcnsrz-vous que je sois une liouii clic un jour que rmip.iliencc la g.Jj^n.ii pouvc'z-vous croire... — ht C('|)Cii(l.iiil — Chacun a ses idées. — Mais non , idées ; il en est qu'il ne faut pas avoir me flalte de n'en admelire aucune, Aii pas au speclacle, si vous n'acceptez loge, cesl me dire une grosse injure,
La pauvre Thevenin ne savait ijue r see, harc'lec, et d'ailleurs pleine de n qui la sollicitait, elle se résolut à all( promellanl intérieurement d'offrir à I lice et de résister à toute tentation du >
On avait clioisi At/uiUc ^ et Devic dans la seconde pièce.
Enliii le jour tant redouté arrive. Li colle dans un coin de la lo^e, se rei yeux, se bouclie les oreilles, «t , d; prend part au premier acte. Le second main fatiguée sede'range un peu, i\\\r\ saix't ria{q)t'nl doucement lOreille don mcti»', bientôt l'harmonie de Racine se un plus libre |)nssage; une voix d eiifai c'est celle de Joas ; les paupières de I
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CHAPITHE X.
et Joad, lui , le grand prêtre, le prophète inspire sant la Jcriisaleni nouvelle à l'univers ; tout C( d'encliantemeiis et de mélodies, entre, pénètre pi nient au cœur de la pieuse personne ; mais quand CCS vers :
Heureux qui , pour Sion , d'une sainte ferveur Sentira son ame embrasée!
deux, répandez votre rosée, Et que la terre enfante son Sauveur!
les larmes la gagnent; éperdue de religion et d'ai vin , elle courbe le front, glisse sur ses genoux , < gnant avec dévotion, fait entendre aux voisins éto
NOM DU PÈRE , nu FiLS ET DU SaINT-ESPRIT , AIKSI
Voilà la famille de Devienne, voilà Devienne elle Elle était pour les vieillards auxquels elle se cons que me parut être, jadis pour ses enfans, le bon delà Comédie-Italienne. J'aurais à raconter vingt les sur cet intérieur, toutes pleines de celte naïv bien aussi son entraînement; mais notre Deviei portefeuille oii je ne veux pas trop puiser sans per Il me suffit d'avoir prouvé combien on perdait à naître que son lalent. J'ai peint son excellent cœ donner une idée des efforts qu'elle lit pour nous après sa liberté obtenue. Elle alla jusqu'à se com
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CHARLES DE LABU2
Charles de L.ibussière a iHi^ le saii Française ; sans lui , bien sûrement , Foncinicr-Tinville. Le zèle de nos ani nos parens, les vives sollicitations influentes (jui avaient conserve nn pe n'auraient servi (ii;'à mieux constater