CHAPITRE XIII
là pour ne laisser sortir qu'un à un les gens du parterre. Un jeune homme se présente le premier ; il n'a qu'un soulier. « C'est ct'lui-ci ! » s'écrie le soldat en tête, et il prend son homme au collet. Mais un nouveau spectateur survient, un pied chaussé et l'autre nu. « Le voilà ! » fait le second soldat. « Non , je le tiens ! » dit à son tour un militaire placé plus avant, en s'emparant d'un troisième tapageur, lequel n'a , pour préserver sa paire de bas de soie , qu'un seul escarpin. Grand embarras : qui donc est le coupable?
« Devine si tu peux , et choisis si tu l'oses! »
s'écrie un quatrième tapageur , qui se trouve , comme les autres , n'être chaussé que d'un soulier. L'officier est tout perplexe ; les militaires , étonnés , ouvrent un peu leurs rangs , cl messieurs du parterre sortent processionnellement , gravement , ayant chacun la jambe gauche dégagée de son soulier.... Ils étaient plus de trois cents ! Trois cents Spartiates, sandis !... C'est là de l'accord , c'est là de l'enthousiasme, de l'abnégation, du trouvé, de l'héroïsme!... Eh bien ! c'est tout simplement du Bordelais !