CHAPITRE XVIII
amis ; ils sont autour de moi ; ils causent, ils rient : je les regarde et je continue. Ce sont mes beaux jours de travail, ceux là ! ces jeunes récits fait par un vieillard; ce turbulent mouvement de la vie , auprès de moi si tranquille ; ce passé que j'enchâsse, en regardant la vie présente, à côté d'une fille que j'aime, auprès de mes excellons frères, au souvenir d'un fils, courageux marin qui , des haubans est noblement descendu sur le tillac , et est appelé aux grands honneurs de la marine , ces souvenirs paisibles auprès d'un frère, brave et digne officier, ces aventures quelquefois piquantes, à côte' d'une jeune fille modeste et pure; tous ces contrastes, toutes ces choses qui se remuent en mon cerveau, qui passionnent mon cœur quand mon visage est calme, tout cela a bien son charme , et je bénis le ciel de m'avoir si bien partagé.
Je crois avoir arrêté à temps mes souvenirs; quelques-uns de ceux à qui je les lis me disent que j'en ai trop dit; d'autres me disent queje n'en ai pas dilassez. Je suis de l'avis des premiers , mais on me pardonnera ; on n'est jamais si riche que lorsqu'on déménage ; je réponds aux seconds que le répertoire se grossit quelquefois et ne s'enrichit pas toujours. Mais, me demande-t-on , la guerre entre Georgos et Duchesnois; mais la querelle faite à l'auteur des Deux Gendres; mais l'enterrement de Raucourt; eh bien! tout cela est su, tout cela est d'hier. Mais ma pensée sur le talent des comédiens qui restent; apprendrai-je au public ce qu'il voit pincé sur un meilleur terrain que moi; dirai-je que la chaleur, l'esprit, la fougue théâtrale et la verve ont leurs représentansdansLafont, dans Michelot, dans Monrose et dans le jeune Firmin ; et si j'oublie quoiqu'un, ne me grond(ra-t-on pas? Tenez, j'oubliais une grande actrice, la plus gracieuse, la plus pure, la plus élégante : j'oubliais Mars! Mais je dois avoir de vieilles colères : je pourrais chercher dans les replis de mon ame des révélations à faire; non, je n'en ferai pas! Il n'y a que les meiidians qui vivent de leurs plaies, les houaêtcs gens les