‹ Mémoires de Fleury de la Comédie-Française (volume 2)Chapitre 171 sur 275 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

» gages de leurs créances, pour éviter les frais et les tic- » prédations, plus funestes que la faillite même, ne frus- » treraient pas l'attente générale ;m;us le désordre est monte » sans doute à un point si excessif, qu'il ne reste aucun » espoir. Nous en jugeons par les sacrifices généreux aux- » quels , à votre exemple, se résignent les principaux chefs » de votre maison.

» Nous nous croirions coupables d'ingratitude , Monsei- » gneur, si nous ne vous imitions en secondant votre hu- » ma ni té , si nous ne vous reportions les pensions que nous » a prodiguées votre munificence. Appliquez ces revenus , » Monseigneur, au soulagement de tant de militaires sonf- » frans , de tant de pauvres gens de lettres, de tant de » malheureux domestiques que M, le prince de Guéméné » entraîne dans l'abîme avec lui (1). Pour nous , nous » avons d'autres ressources : nous n'aurons rien perdu , » Monseigneur, si vous nous conservez votre estime; nous » aurons même gagné, si, en refusant aujourd'hui vos » bienfaits, nous forçons nos détracteurs à convenir que » nous n'en étions pas tout-à-fait indignes.

» Nous sommes , avec un profond respect , etc.

» A la loge de Mlle Guimard , ce vendredi 6 décembre » 1782.»

(I) Toute la vie de ce prince fut depuis une longue expiation. Àlleint par la révolution , ce seigneur émigra et mourut en 180'J, exerçant une profession mécanique dans un village de la Suisse. Il s'y était résigné pour ne plus être à charge à ses parens qui avaient payé une grande partie de ses dettes.

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