CHAPITRE XXXtII
qu'une sorlc de payeur de rentes, il aurait perdu une bien jolie femme, ce qui est quelque chose pour tout le monde, et une élève économiste distinguée, ce qui était beaucoup pour lui. Pouvait-il se plaindre d'ailleurs? Il mettait si souvent cette jeune personne à la science pour toute nourriture, qu'elle avait habilement calculé qu'ayant beaucoup de passions, il lui fallait beaucoup d'amour, mettant ainsi sagement en équilibre ce que, la langue savante, appelait : la recette et la dépense.
XXXÏV.
MERdEH. LE BEAMÂTUEGE.
Je fais connaissance avec Mercier. — Le nouveau Luther. — Révolution dans le globe. — * Drame nouveau. —Appareil vocal de Mercier. ■ — Ses antipathies. — Son vote lors du jugement de Louis XVI. — Scène chez M. de Sartines. — Scène chez M. de Rovk;o. — Le chapeau d'arlequin.
Il ne m'était plus permis de voir la comtesse , et , le clirai-je? je n'en étais pas désolé. Il m'avait semblé bon de me prouver à moi-même que, si je l'avais voulu, j'aurais pu devenir un homme à bonnes fortunes; maintenant ii me paraissait très-bien de me prouver la force de ma raison. Ainsi, dans une faute, et, en regardant au fond des choses, je me découvrais une qualité brillante et une rare vertu.
Je renonçai à la brillante qualité pour reprendre bien vite la vie qui me convenait ; j'avais d'ailleurs de sérieuses occupations en tête , j'aimais mon intérieur , et je ne voulais pins risquer à ne point m'y plaire. 11 est un âge où l'on va chercher les inspirations au-dehors , il en est un autre