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CHAPITRE NEUVIÈME

ceux qui restent, ce n'est qu'en faisant entrer la démocratie avec des ménagements profonds sous le régime sévère d'un gouvernement puissant , qu'on l'empêche d'être éternellement une démagogie folle, atroce et destructrice. Combien de fois je l'ai dit à Brissot! Plusieurs fois il a paru m'écouter avec recueillement, avec émotion; le lendemain je voyais dans sa feuille qu'il ne m'avait pas entendu.

C'est une chose inévitable , quand les passions conduisent les événements, que les évéments , à leur tour, irritent et enflamment les passions. Ce sont de grands drames, en quelque sorte , qui se jouent sur la terre , et dans lesquels les événements enfantés par les passions et les passions développées par les événements accélèrent et précipitent leur marche vers des catastrophes où les principaux acteurs périssent, où l'action s'arrête sur la scène inondée de sang, jusqu'à ce que d'autres personnages soient entraînés par d'autres passions à d'autres drames , et par d'autres drames à des dénoûments également funestes.

A la suite du 10 mars , une mesure que les circonstances rendaient nécessaire, et qui fut prise par la Convention , jeta dans son sein et

dans le sein delà France de nouvelles causes de dissensions. On voulut lever de nouvelles forces , on voulut qu'elles fussent proportionnées à la grandeur de la république , de ses moyens, de sa cause, et pour exécuter cette levée de nouveaux défenseurs avec plus de rapidité, on arrêta que des représentants du peuple iraient dans tous les départements jeter, non pas le cri d'alarme, mais le cri de patriotisme, de guerre et de gloire.

Le plus grand nombre de ceux à qui on donna cette éclatante mission furent choisis dans la Montagne ; et ces choix, qui prouvaient peutêtre sa puissance, l'affaiblirent.

La Montagne, dégarnie, ne put plus disputer la majorité.

D'un autre côté, un très-grand nombre de ces députés montagnards, en se répandant dans toutes les parties de la république , y trouvèrent des esprits aigris contre eux, des âmes aliénées ; ils attribuèrent cette réception à la correspondance des membres du côté droit avec leurs départements ; et ce qui était vrai peutêtre de quelques-uns , on l'affirma de tous.

Dans leurs lettres, les députés montagnards no se plaignaient pas seulement d'avoir été mal

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