‹ Mémoires de GaratChapitre 122 sur 213 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

exigeait toute la surveillance des premiers magistrats de la police, et qu'il devait instruire le ministre de l'intérieur de tout ce qui s'y passerait jour par jour, heure par heure : le maire m'en donna l'assurance, et je retournai au comité de salut public lui rendre compte de cette conversation.

Je dois observer ici que je me présentai au local où la commission des douze avait tenu ses séances, et que je n'y trouvai personne : j'ignore si elle était assemblée, mais elle avait transporté ailleurs ses séances, et ne m'en avait point prévenu.

Le jour suivant, tout paraissait tranquille, et le maire, que je n'avais point vu, ne m'avait rien fait dire. La nuit, je me retirais du comité de salut public, il était près de deux heures ; je reçois un billet anonyme conçu à peu près en ces termes : Je sors de VÈvêché; à sept heures, la République sera en deuil. Je fais réveiller le premier secrétaire des dépêches de l'intérieur. Le Tellier; il va à l'instant chez Pache, qui me fait dire qu'il est vrai que l'assemblée de l'Évêché avait arrêté qu'il serait pris des mesures d'exécution, mais qu'elle n'avait rien arrêté sur la nature des mesures, et

qu'il jugeait impossible que rien de dangereux fût entrepris du reste de la nuit et du jour. Tout était calme en effet dans cette nuit, et rien n'en pouvait troubler le repos, à moins que la Commune ne fût un réceptacle de conjurés, et le maire leur chef.

Avant neuf heures du matin, le maire était chez moi : il me réitéra les mêmes assurances qu'il m'avait fait transmettre ; les sept heures qui devaient être si fatales, suivant le billet anonyme, étaient écoulées sans que rien de sinistre eût été tenté.

Mais dans ce même entretien le maire m'avoua que l'assemblée de l'Évêché prenait d'autres caractères, que 38 sections y avaient envoyé des commissaires revêtus de pleins pouvoirs, et qu'ils allaient se réunir aux Jacobins pour délibérer sur ce que leur commandaient les circonstances. En me parlant ainsi, Pache se montrait à moi au désespoir de ces mouvements ; il les attribuait tous au rétablissement de la commission des douze.

Accablé de fatigue et de besoin de sommeil, dévoré d'inquiétudes, je me transporte tour à tour au comité de salut public, où Pache m'avait précédé, et à la commission des douze.

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