‹ Mémoires de GaratChapitre 196 sur 213 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

des, cherchera encore à faire arriver ses dépositions erronées ou fallacieuses à ce tribunal; mais elles périront dans ces routes du temps que la vérité seule traverse dant toute leur étendue; elles ne seront point entendues ou elles n'influeront point sur les jugements que la postérité prononce et qu'elle grave sur les tombes qui ont enseveli dès longtemps tous les partis ; et puisque mon nom est attaché à des événements qui seront l'entretien, l'effroi et la leçon des siècles, la postérité gardera quelque estime à l'homme qui a passé au milieu de tous les partis, et qui n'a jamais embrassé que celui de la république et de l'espèce humaine, froissées entre les partis de tous les genres; qui n'a jamais ni demandé ni désiré aucune place, et qui n'a jamais refusé les fonctions les plus entourées de dégoûts et de dangers; qui, en blessant toutes les passions qu'il voulait éclairer et désarmer, les a presque toujours contraintes à l'aveu de la pureté de ses intentions ; que les deux côtés ont également accusé d'être faible, parce qu'il a eu la force de résister également aux emportements de tous les côtés , et que rien ne doit paraître faible comme la raison à des esprits enivrés par toutes les passions; qui enfin,

depuis les premiers instants de la révolution, entièrement dévoué à elle, toujours prêt à la sceller de son sang et jamais du sang des autres, n'a jamais formé qu'un vœu, le vœu de la voir achevée par les progrès de la raison, comme elle a été commencée.

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