‹ Mémoires de GaratChapitre 43 sur 213 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

et le mieux. Mais au milieu des affaires et des hommes , au milieu surtout des révolutions , trop souvent il ne reste de choix à faire qu'entre un mal qui est très- grand et un mal qui serait affreux , qu'il faut écarter à tout prix ; et alors le plus haut degré de la sagesse , le sacrifice le plus généreux de la vertu, celui qui doit lui coûter davantage, c'est de renoncer en quelque sorte à sa pureté, c'est de se couvrir de taches apparentes aux yeux du monde , pour faire un bien immense, mais invisible à tous les égards, puisqu'il consiste en des malheurs qu'on a prévenus. Telle était, je le crois, la position de celui qui a prononcé la phrase qui m'a été attribuée , et qui n'est pas de moi ; elle est de Roland : c'est lui qui, parlant au milieu de l'Assemblée législative, le 3 septembre, débuta, sur les massacres , par ces mots : Hier fut un jour sur les événements duquel il faut peutêtre jeter un voile. Hélas! je suis loin d'envier et de disputer à la mémoire de Roland l'estime et l'amour que lui gardent et que lui doivent ceux qui ont été les témoins de sa rigide probité , ceux avec lesquels il a été proscrit par les mêmes ennemis. Mais qui pourrait me blâmer

de sentir avec amertume cette injuste acception de personnes qui m'attribue à moi comme un crime ce qui appartient à Roland, et ce qui en lui a passé pour sagesse et vertu?

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