‹ Mémoires de GaratChapitre 70 sur 213 · CHAPITRE SIXIÈME. fit · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. fit

qui ne consent à obéir à un homme que lorsque cet homme parle au nom de la nation et comme la loi, et ce républicanisme bien plus rare de la pensée, qui a décomposé et recomposé tous les ressorts de l'organisation d'une société d'hommes semblables en droits comme en nature, qui a démêlé par quel heureux et profond artifice on peut associer dans une grande république ce qui paraît inassociable , l'égalité et la soumission aux magistrats , l'agitation féconde des esprits et des âmes, et un ordre constant, immuable; un gouvernement dont la puissance soit toujours absolue sur les individus et sur la multitude et toujours soumise à la nation; un pouvoir exécutif dont l'appareil et les formes, d'une splendeur utile, réveillent toujours les idées de la grandeur de la république et jamais les idées de la grandeur d'une personne.

Dans ce même côté droit, je voyais s'asseoir les hommes qui possédaient le mieux ces doctrines de l'économie politique qui enseignent à ouvrir et à élargir tous les canaux des richesses particulières et de la richesse nationale ; à composer le trésor public avec scrupule des portions que lui doit la fortune de chaque citoyen; à créer de nouvelles sources et de nou-

veaux fleuves aux fortunes particulières par un bon usage de ce qu'elles ont versé dans les caisses de la république; à protéger, h laisser sans limites tous les genres d'industrie, sans en favoriser aucune ; à regarder les grandes propriétés non comme ces lacs stériles qui absorbent et gardent toutes les eaux que les montagnes versent dans leur sein, mais comme des réservoirs nécessaires pour multiplier et pour accroître les germes de la fécondité universelle, pour les épancher de proche en proche sur tous les lieux qui seraient restés dans le dessèchement et dans la stérilité: doctrines admirables, qui ont porté la liberté dans les arts et dans le commerce avant qu'elle fût dans les gouvernements, mais propres par leur essence à l'essence des républiques, seules capables de donner un fondement solide à Végalité, non dans une frugalité générale toujours violée et qui enchaîne bien moins les désirs que l'industrie, mais dans une aisance universelle, mais dans ces travaux dont la variété ingénieuse et la renaissance continuelle peuvent seules absorber heureusement pour la liberté cette activité turbulente des démocraties qui, après les avoir longtemps tourmentées, a fait disparaître les républiques

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