A CHEVAL
Au milieu des péripéties de mon aventureuse existence, j'ai toujours eu de douces heures, de bons moments, et quoique celui où je me trouvais ne paraisse pas au premier abord faire partie de ceux qui m'ont laissé un agréable souvenir, je le réclame cependant, sinon comme plein de bonheur, du moins comme plein d'émotions.
A la tête de quelques hommes restés de tant de combattants qui avaient, à juste titre, mérité le nom de braves, je marchais à cheval, fier des vivants, fier des morts, presque fier de moi-même. A mes côtés chevauchait la reine de mon âme , la femme digne de toute admiration. J'étais lancé dans une carrière plus attrayante que celle de la marine : que m'importait de n'avoir, comme le philosophe grec, que ce que je portais avec moi? de servir une pauvre république qui ne payait personne, et dont, fût-elle riche, je n'eusse pas voulu être payé?N'avais-je pas un sabre battant à mon côté, une carabine posée en travers de mes arçons? I. iû