‹ Memoires de GaribaldiChapitre 37 sur 43 · ROFESSEUR DE MATHEMATIQUES ET COURTIER DE COMMERCE · texte numérisé non relu

ROFESSEUR DE MATHEMATIQUES ET COURTIER DE COMMERCE

Je descendis à Montevideo dans la maison d'un de mes amis, nommé Napoléon Castellini. A sa gentillesse et à celle de sa femme je dois beaucoup trop pour m'acquitter jamais autrement que par la reconnaissance que je leur ai vouée, et cela comme à mes autres bien chers G.-B. Cuneo, — cet ami de toute ma vie, — les frères Antonini et Giovanni Risso.

Les quelques écus provenant de la vente de mes peaux de bœuf dépensés, pour ne pas demeurer avec ma femme et mon enfant à la charge de mes amis, j'entrepris deux industries qui, je dois l'avouer, à elles deux et cumulées, suffisaient à peine à mes besoins.

La première était celle de courtier en marchandises; je portais des échantillons de toute espèce sur moi. Je tenais tout, depuis la pâte d'Italie jusqu'aux étoffes de Rouen.

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La seconde était celle de professeur de mathématiques dans la maison de l'estimable M. Paolo Semidei.

Ce genre de vie dura jusqu'à mon entrée dans la légion orientale.

La question de Rio-Grande commençait à s'établir et à s'arranger. Je n'avais plus rien à voir de ce côté. La république Orientale, — c'était ainsi que se nommait la république deMontevideo, — me sachant libre , ne tarda point à m'offrir une compensation plus en harmonie avec mes moyens, et surtout avec mon caractère, que celles de professeur de mathématiques et de colporteur d'échantillons.

On m'offrit et j'acceptai le commandement de la corvette la Constitution,

L'escadre orientale se trouvait sous les ordres du colonel Cosse ; celle de Buenos- Ayres aux ordres du général Brown.

Plusieurs rencontres et plusieurs combats avaient eu lieu entre les deux escadres, mais ils n'avaient eu que de médiocres résultats.

Vers le même temps, un certain Vidal, de triste mémoire, fut chargé du ministère général de la Piépublique;

Un des premiers et des plus déplorables actes de cet homme fut de se débarrasser de l'escadre,

qu'il disait trop onéreuse à l'État. Cette escadre, qui avait coûté d'immenses sommes à la République, et qui entretenue, comme la chose était facile alors, pouvait constituer une prééminence marquée sur la Plata, fut complètement détruite, et Ton en dilapida le matériel.

Je fus destiné à une expédition du résultat de laquelle devaient naître bien des événements.

On m'envoya à Corrientes , avec le brigantin de dix-huit canons le Pereyra. Il avait, outre ces dixhuit pièces d'artillerie, deux canons à pivot.

De conserve avec moi devait naviguer la goélette Procida.

Corrientes combattait alors contre Rosas, et je devais l'aider dans ses mouvements contre les forces du dictateur. Peut-être l'expédition avait-elle un autre but , mais c'était le secret de M. le ministre général.

Que l'on permette à celui qui publie ces Mémoires de donner aux lecteurs, sur l'état de la république de Montevideo en 1841, quelques explications que le général Garibaldi n'a pas cru devoir donner dans un journal écrit au jour le jour.

Ces explications seront d'autant plus exactes.

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qu'elles ont été dictées à celui qui les publie aujourd'hui, en 1849, par un homme qui a joué un grand rôle dans les événements de la république Orientale : par le général Pacheco y Obes, l'un de nos meilleurs amis.

Puis, soyez tranquilles, chers lecteurs, nous rendrons immédiatement la plume à cet autre ami, non moins bon, ayant nom Joseph Garibaldi.

Car, vous voyez que comme César, ce premier émancipateur de l'Italie, il manie la plume non moins bien que l'épée.

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