‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 1 sur 224 · AITTEUR DES HÉMOIBES SUE OASPAED DE SAULX TAVANNES , SON PÈRE · texte numérisé non relu

AITTEUR DES HÉMOIBES SUE OASPAED DE SAULX TAVANNES , SON PÈRE

Ni EN 1556. — MOKT VBIS 1630.

^ J ai ouï dire autrefois au père Louis Jacob, carme bourguignon , écrit Guy Patin (1), qa'un certain M. de Tavannes avoit fait imprimer , dans son château , en cachette , un tome de Mémoires hiêtoriques^ in-folio , qu'il n'aToii osé publier, à cause de plusieurs chi>6es étranges qu il y avoit dites contre les grands , et entre autres sur Catherine de Médlcis, et qu'il n'en avoit donné que quelques eiemplaires à peu de ses amis. Je viens de les lire : cet auteur y parle hardiment, je n'ai encore pu trouver rien de pareil : Vir futi

mUUiriê , ingenii fervens ^ ei alti-oincius, » Ce livre de Mémoire$ hUioriqueê^ imprimé par Tavannes en cachette dans son propre cUteau , pour Tusage de sa propre fomille , est plutôt an recueil de maximes d'état , un code du monde politique et social , tel qu'il était alors, qu'une relation historique siidvie des actions de Gaspard de Tavannes , père de l'auteur. A la vérité, les faits historiques, et j'ajouterai les faits les plus intéressans , s'y trouvent jetés çà et là , mais c'est comme pour servir de texte, soit à des boutades philosophi* qnes écrites avec une rare énergie, soit à des digressions sur les diverses parties de Tartde b guerre , soit à desconseils politiques. L'indépendance des pensées comme la vigueur antiqne du style de Tavannes rappellent , de la Danière la plus remarquable , le style Apre et la fierté aristocratique de Saint-Simon,

'Il Djns one d-.^ se» Tveitres, du 15 juillet 4657.

placé dans une position sociale tout-à-fait analogue à la sienne. On en jugera par quelques unes des maximes que je détache çà et là , et presque auhasard, du corps de sa narration.

Les rois s'abusent , qui disent pouvoir iaire des genlilshonunes; c'est Dieu qui donne le courage. Sa bénédiction rend les hommes valeureux. Les mésaUiés ne le conservent qu'à moitié.

Les gens de Tart sages et vaiUans naissent de Icun semblables ; la suite de plusieurs vertueux augmente la perfection de leur postérité. Des mélanges naissent les monstres. Honte, vices, maladies, infirmités, se portent dans les maisons par les femmes. Les enfans des mésaUiés ne naissent qu'à demi vertueux.

Les nobles ne pouvant, comme les arbres mutiers , s*enter l'un sur l'antre , sont nécessités d'épouser de»( femmes , desqudles U vaudroit se mieux passer que de les avoir dissemblables à soi.

Les genliUliomnies riches i^ant U-ois enfans , en ^cvioieot mettre deux aux armes ; les médiocres un , el le reste d'église et de lois, sans les lier que l'aine n'ait

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