‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 179 sur 224 · LIVRE ONZIESME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIESME

RemonstrancM de M. le mtreschal de Brissac an roy sur la publication de la paix — Depesches dn gênerai Coyffier vers le roy. — Comniandemeiit fort exprès du roy au mareftclial de Brissac pour la démolition des forteresses qui doivent estre rendues par la paix. — Terme trop hrief prins pour la démolition d'une vingtaine do forteresses; surquoy M. le maresclial de Brissac faict responsc au roy. — M. le nitircsclial de Brissac donne advis au roy sur Tarrivèe du sieur Scipion deVimercat de Valence. — Le roy envoyé au mareschal de Brissac un mémoire présenté à Sa Majesté de la part des ministres du roy d'Espa;;;ne. — Les sei{nicurs de Mandosse et Bouillay sVn retournent en France chargés de quelques remonstrances de la part de M. le mareschal. — M. le mareschal faict voir à Duplessis, qui luy avoit apporté des lettres de la part du roy, les places qui avoient esté desmolics. — Bruit sourd que le roy, courant dans les lices , a esté blessé à mort par Mont^rommeri. — M. le mareschal dcspesche un courrier au roy. - Lettre de )I. le duc de Savoye à M. le mareschal. — M. le mareschal reçoit lettres du roy François II , lequel luy dunne advis de la déplorable mort du roy son pore. — M. le mareschal faict rcsponce au roy et à la royne, merc du roy. — ^Toute l'Italie, et mesmes les ennemis de Sa Majesté , trouvent estninge Taccord du roy faict avec M. de Savoie. — Le cardinal de Lorraine escrit au tMreschal de Brissac , du vouloir du roy, touchant la provision de cmq places. — Advertissement de Rosé à M. le mareschal.— Arrivée de M. de Savoye à Nice.

Par les dix précédons livres , j'ay repreeentc au vray le demeslement des armes advenu delà les monts depuis Tannée ISiiO jus* ques au jour de la publication de la pai\ , qui fut faicte en Tannée J5o9 et pubiiéeTunziesmc avril. Vous verrez maintenant que s'il y eut des bonnes et des mauvaises fortunes parmy Texploict des armes , qu'il n'y en eut pas guîeres moins au demeslement de ceste paix mal di{][eréc , par je ne sçay quelle ininconsideration qui ne nous est assez souvent

que trop familière. Ce ne furent que couvertes venjreances , desordres et inconvcniens si {{rancis au préjudice de Testât, que, en les représentant au naturel , j'entre en de si cuisans regrets, que mon ame en frémit encores toute. A la veriié , je suis Tun de ceux qui, pour sa petîK* portée , s'en est le plus cruelloniont senty, cl par la perle des biens et des {grades que j'avois laborieusement acaiiia sous la beneOcente main de nos ro^ Dieu appella tous les uns après l^

MÉMOIRES DE BOïVUN DU YlLLARS.

lors qu'ils avoicnt plus de volonté à mon ad- \ancoment que moy-mesme de le recevoir.

Ce sont des coups que ce {jrand et souverain Ouvrier descoche tousjours pour nous renger à luy quand nous abusons de ses {jraccs, lesquelles il départ, non selon nos passions et nos esgarés désirs , mais selon ce qu'il cognoist nous cstre expédient. Si nous le sçavions ainsi rccognoistre par une sainctc contrition de nos fautes , rien ne nous travaillcroit ny estonneroit jamais.

i- Le vingt-uniesme avril 1559 , le marescbal rcmonstra au roy que la publication de la paix avoit foict lever le nez si haut à tous ceux des villes et de la campagne mesme , qu*il commençoit desjà à mespriser ses cornmandemens et à refuser de payer les charges que la nécessité des affaires avoit faict imposer, et qu'il falloit encores nécessairement continuer , pour pouvoir , selon Tordre de la paix , procéder à la démolition des places restituables, pour accomplir laquelle le terme avoit esté prins si court, qu'à grande peine en pourroit-on seulement esgratigner les contrescarpes; que s'il en advenoit de la clameur , comme il prevoyoifassez , qu'il en faudroit rejetter la coulpe , non sur lui, mais sur ceux qui avoient faict trop bon marché de Testât, de la réputation et du temps mesme , le plus cher et le plus viste de tous.

Que les soldats se trouvans destitués de ce pou de secours qu'on tiroit du pais, et de leur solde dont il n'estoit nouvelle , se mutîneroient , et peut-eslre saccageroient ou la campagne , ou les propres villes où ils esloîent en garnison; que Sa Majesté estoit c-t»Ilo seule (|ui pouvoit prévenir ces playes , l<Mir faisant diligemment apporter leurs payemens, à fin de les licontier par après; que M. de .Savoyr , au dommage duquel tout cela suc- C(>d(>r()it, ne devoit avoir rien de plus pressé <|n(* iliï dq)escher cependant Tnn de ses ministres pour faire de si grandes levées de piunni(*rs de tous costés , que tant plus diligemment les démolitions et les restitutions aussi poussent prendre la mesme fin que le niaresclial ne desiroit pas moins que luy ; qu il est tontesfois à craindre que ce prince , qui n*a fauie de jugement ny d'expérience , jio marche en cest endioict au |)as de la tor-

tue , faisant son compte que , en dilayuit ci connivant , le temps s'escouleroit , et que le terme venu , Sa Majesté auroit, pour respect du parentage , honte d'en faire demander h prolongation , et encores plus de luy refmer la grâce que il pourroit demander sur h diicontinuation des démolitions » qui sont à telle conséquence qu'elles vallent bien leikmander. Ce prince n'a faute d'expérience pov en sortir à son honneur ; je croy qu en puA cas nous ne nous oublierons non plus qoe liy. A la vérité il faut ad voaer , quelque bom mine que nous sçachions foire , qu^an laid de la paix et de ses exécutions, que noasycnh rusmesen poste, et sans g^uide toutesfois;ar ceux qui s'en veulent excuser sur la cahBÉi où les affaires estoient lors reduicts, nesçnroient nier que nostre propre imprudence el impatience ne soient celles qui nous y «barquerent, ayans négligé, ou pounuen dire , indignement mesprisë les deux cbofei principales qui peuvent soustenir et consemr Testât et la réputation : la première, h dDigente provision des armes pour faire la pas à cheval , et non à pied , comme nous fisÎMi; et les pourparlers de laquelle durereor i long temps , qu'on eut autant de loisir pov ce faire que TEspagnol , auquel nostre ne|igence prépare la planche pour remportai l'honneur et Tutilité de la paix ; Taalre ta dangereuses conséquences où nous envelopperions pour Tadvenir la seureté del'estt, le dcspouillant de costé et d'autre d'eniim soixante places fortes, qu'ils n'eussent scei emporter en trente ans ( terme sufhsant poor prendre party convenable ). Las ! nous qattasmes en un seul jour ce que nous plearerons en plusieurs années. Quel fatal et particulier mal-lieur est cestuy-cy du François, qu'il sçachc fort généreusement combattre et conquérir , et ne rien garder , toutesfois désirer toutes nouvellctés et le généreux remuement des armes, et tout incontinent ici soûler et relascher! Ce n'a pas esté leil ci bon Henry H qui a couru ces naufrages; Charles VIII, Loys XI et François I firent M de mesme et en divers endroits. Oublionsccs fi'op rcpentines inconsiderations , et an liei d'elles cultivons, avec prudence et jugemei^ la prévoyance > l'astuce et la patience defEi'

pagnol, et. nous ne desmordrons jamais non plus que.luy. Je croy qu^il y a je ne sçay quoy de caché en la prompte valeur du François , qui la faict relascher lors qu'elle devroit plus roidir, ou que^est^eu qui la renverse par roubliancequi court qni^lquefois en la saincte 01 humiliée recognoissancc de ses grâces. ^' Le vingt-troisiesme avril, le gênerai CoyiEer fot depesché vers le roy, tant pour en apporter quelque salutaire restrainctif aux dangereux flux des maladies cv-devant discourues, comme pour persuader à Sa Majesté de ne se laisser emporter aux prières et aux persuamom qui luy estoient faictes pour quitter à M. de Savoy e les jurisdictions et les finages de cinq places retenues, à fin qu'elles puissent commodément recouvrer des vivres, sans des- *peodre de la discrétion de celuy mesme qui en son cœur estimoit qu'elles luy apparte- .noient, etqui seroitpeut estre bienaise quepeu ipeu la nécessité les pressast si fort qu'elles se perdissent, ou que, par les charges et les importunités que les payemens pourroyent 'apporter au roy , Sa Majesté luy en fist non seulement un présent , mais qu elle y adjoustast aussi les cessions de Nice, des terres occupées sur les comtes de Provence , marquis de Salluces, et de la mesme prétention qu'a- Toit feu madame la Régente sur le Piedmont et Savoye, toutes lesquelles parties, ra- ' massées ensemble, font presque des quatre 'parts les trois du Piedmont , sans y comprendre la comté d'Ast , héritage des ducs d'Orléans.

, Que c'estoit chose digne de la grandeur de roy de donner quelque honneste entretenez ment a tous les capitaines, tant françois qu'italiens , qui avoient fidellement servy Sa Majesté , par propositions convenablement mesurées à leurs qualités et à leurs mérites , avec obligation de faire résidence ordinaire dans les cinq places pour les rendre cy après plus asseurées , et pour pouvoir aussi , selon les occasions , faire nouvelles levées , jugeant presque impossible que l'estroitteté des liens qui bridoient les cinq places n'en donnassent bientost l'argument, la servitude estant ennemie du généreux François; que là où Sa Majesté negligeroit Tappoinctement desdicts capitaines ( la pluspart soldats de fortune ) ,

LlVllE ONZIÈME.

que chacun tascheroit de prendre party avec ami ou ennemi.

Que c'est une remarquable impieté d'avoir acquiescé au vouloir de l'ennemi sur la cornpréhension et réservation qui devoit estre faicte par le traicté de paix pour tous les bannis de Naples , Sicille , Milan , Gennes et Montferrat, la pluspart desquels avoient courageusement secondé la valeur et la fidélité françoise, et dont loutesfois, sur les mesmes lieux du traicté , Boy vin avoit faict instances infinies; que ce malheur estoit négligemment ou inconsidérément couru, qu'il en faloit corriger le regret et l'amertume par pensions et appoinctemens dignes et du prince et du serviteur ; qu'en faisant autrement ce seroit apertement inviter et les uns et les autres à faire quelque dangereux coup , et dont il ne pourroit estre justement accusable ; et à la vérité, celuy qui ne faict le manteau que pour une seule pluye ne sera jamais estimé bon mesnager : à Tenfournement se font les pains cornus.

Plus grande et plus détestable impieté est celle-là d'avoir , en pareille occasion , abandonné à toute ruyne et les gentils-hommes et les bourgeois de Casai , tous lesquels , en faveur de Sa Majesté , ont contribué à la deffence de la ville les armes , les enfans , les parens et les amis, et couru aux escarmouches au pair des mesmes François ; et toutesfois on a foict si peu de compte de toutes ces vertueuses actions , qu'on a mesprisé , et certes ingratement ( soit dict avec correction ) , de la comprendre dans le traicté de la paix : l'honneur , la conscience et la réputation vouloient toutesfois le contraire; et nous voulons estre aimés et estimés.

Le coronnel des Suisses Apro (petit de corps et gros de cœur) demande, conformément à ce qui luy a cy-devant esté promis , Tentretenement de sa compagnie et en paix et en guerre , protestant fort ouvertement que , là où on luy manquera de parole , qu'il sçaura si bien brouiller les cartes, que sa nation rabattra beaucoup de raflection qu'elle porte à la France. Il est si habile homme, et de tel crédit parmy les siens, qu'il pourroit encor faire pis: si la foy du prince n'oblige^ qu'est-ce qui le fera?

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS

Que le comte de Beyne s^estant volontairement donne à la France , et lors qu'elle en avoit besoing , se plaint , aussi bien que les autres , que quoy que ses services soient dignes de recommandation , qu*on n*a toutesfois daigné le comprendre dans le traicté de paix , le contraignant , par ce défaut , ou à vendre à non prix sa place à M. de Savoye , ou à demeurer craintivement enveloppe dans la discrétion de luy , qui a oiïencé par la seule alTection cl considération du roy, la réputation de la majesté duquel requiert qu il soit aidé et soulagé.

Les seigneurs do Sanfré , comte de Desane, d'Ormes , de Rossanc , de La Chiusa , de Morctte, et plusieurs autres gentils - hommes piedmontois , leurs lieutenans et enseignes , jurqu'au nombre de six vingts , font pareilles plaintes ; mais ce qui est plus digne de compassion, et quil ne peut représenter à Sa Majesté qu avec honte et regret, ce sont ces pauvres sieurs de Birague, qui font, entre père, frères, cousins et enfans , le nombre de trente, qui ont tous, par Tespace de trente ou quarante ans , rendu de si grands et de si mémorables services , que c'estoit le moins qu ils dévoient espérer que d*estre comprins au traicté de paix , pour la restitution de leurs biens perdus à la seule considération de Sa Majesté, et que rallliction dans laquelle ils demeurent injustement enveloppés mérite qu*elle leur donne en Lyounois et en Daulpliiné quelques maisons de son domaine dlionncste revenu pour s*y retirer.

Puis que Dieu pour nos peschés a voulu que »de tant et tant de glorieuses conquestes et victoires , il ne soit demeuré à la France que ces six pauvres places orphelines , il est nécessaire de remettre sus celles de Gental et Roques-Parvierc , qui respondcnt à b Provence , et qui sont si abondantes en bleds , qu'elles peuvent nourrir une armée six mois durant ; elles serviront aussi de bride et de contrecarre aux places que M. de Savoye tient sur le haut Pi(;dmont , et le passage asseuré à une armée royalle si elle prenoit ccste rouite.

Sera pareillement nécessaire qu'il plaise à Su Majesté ordonner deniers poui- la fortification et pour radvictuaiiiement desdictes

cinq places , dans lesquelles 9 fera cependant jetter ce qui se trouvera dbms les plaoci restituables : en faisant et Tua et Tavlre, elles dépendront, en toute sorte d*eveB^ ment , plus d'elles mesmes que d^aotruy. It proverbe dit que qui s'attend à Tescidle d*autruy est souvent plus mal disné qu'il u voudroit , et nous n'y sçavons reoiedier.

Qu il a tousjoui*s esté attendant , comme 1 est cncores , Tarrivée du gentil-homme qM Sa Majesté avoit promis luy depescher , avec instructions fort amples de tout ce qui lerok à faire pour Texecution de la paix , et po« la conservation future des places qu'elle ntenoit, sans quoy tout demeuroit sospendi entre la crainte et le danger , d'autant qi*i telle chose se pourroit-il advancer que Sa!bjesté Ten reprendroit, et à telle autre m qui pourroit apporter du mescontenteDetf au roy d'Espagne et duc de Savoye , et qi seroit rapportée à la passion particoUere à mareschaL

Que , désirant prévenir ces deflaux , depochoit le secrétaire Guesdon tcts Sa Ûjesii, chargé de toutes les amples instractioiis i mémoires que le temps et le propre aUj/ai requeroient ; cependant qu'il ne tronnric if seur ny raisonnable que Sa Majesté deir mast f au moins jusques à taut que les pbM restituables fussent entièrement démolies d qu'il ne fust aussi arrivé argent pour y lA* vaillcr , et puis payer et licenticr lestroopci

S'il estoit ainsi , comme aucuns luy escri* voient , que Sa Majesté ne sesouciastguiffci de ces démolitions , et que le soin et la dai|i en deussent tomber sur M. de Savoye , iicitoit nécessaire que , deslors et sans diffemi il ordonnast seurement à ses ministres de tf* gemment fournir tout ce qu'il fondroit peff ces démolitions , afin que la coulpe n'eatat rejoctée sur luy , comme sourdement on faisoit (Ics-jà , tant les envieux se piaisoieDtiile mettre en mauvais mesnagc avec ledict duc.

Que pour gaigner temps il cstoit pareiUe^ meut nécessaire d'envoyer aux gouvemem et capitaines des places et chasteaux à cbactf une patente servant de descharge pour h reddition de la place , et au mareschal une générale sur tout ce qu'il aura à faire etàtiaiO' ter en toutes sortes d'allaires, qui soil

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tojoiird*huy réduits à telle conséquence , qu'il Be faut rien dire ou fiaire sans commandement exprès.

Le 25 , Boudet , secrétaire de M. le connestable, arriva en Piedmont chargé de mémoires ei instructions , par lequel il estoit ordonné qu'on procedast dilig[emment aux démolitions d'Aviglane , d'Yvrée , Montcalier, Saviglan , Santia , Casai , Verrue , Albe , et Sainct Danian , sans parler de Valence , Cairas , Montdevis , Ceve , Courtemille et autres , qui esioient toutesfois restituables comme les autres, puis que par le traictéde paix elles n'estoient retenues en la spécification des six qui Tesloieut. S'il fut mal pourvcu de ce costé , il Testoit encores pis des deniers cy-devant demandés , et sans lesquels les démolitions ne se pouvoient faire , ny nourrir les gens de guerre pendant qu'on y travail leroit , comme Guesdon avoit deu remonstrer ; qu'en ceste sorceance les affaires s'empiroient , et qu'à apaiser la faim et la misère des gens de ^erre il falloit autre chose que nappe blandbe, et qu'il n'eust jamais creu que le vent et les ondes servissent de registre et d'asseurance à tant et tant de promesses.

Le 29 avril , le roy , rentrant sur les mesmes ^brisées de Tennuy de ce gentil-homme bien instruit sur l'exécution de la paix , manda au &.inareschal qu*il avoit tort de dissimuler sur le i:fait des démolitions, qui deussent estre desjà accomplies ; que Sa Majesté avoit commandé que du Dauphiné on luy envoyast diligemment quatre cens pionniers pour y travailler, et qui seroient payés. C'est parler de la maladie , mais oublier la médecine pécuniaire qui la devoit guérir.

Quant au payement qu'il falloit faire aux gens de guerre pour les licentier , qu'on estoit après à l'assembler , et qu^ils n'estoient pas si pressés qu'ils ne poussent attendre la commodité ; car de Tentamer pour les en secourir de prests, Sa Majesté le deffendoit, pour ne se renvelopper aux précédentes difficultés , qui procedoienl de la propre conlpc des ministres de Sa Majesté , lesquels faisoîent semblant d'avoir oublié qu'il n y avoit rien qui apportast plus de nuisance au temps que rinconsideré reculement du temps.

Le 7 may 1669 , le marescbal désirant de-

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