‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 180 sur 224 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

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] sonnais achever le demeslement de la paix , il envoya Billiad , son secrétaire, vers le roy avec les mémoires et instructions nécessaires , tant pour le faict des monstres que pour la démolition des places ; |mais , quoy qu'il en sceust faire , dire ou remonstrer, il n'en peut jamais venir à bout ; ains , au lieu de ce faire, on envoya la loy toute faite à celuy qui la devoit luy-mesme donner , tant ce bon seigneur eut peu de crédit après la nécessaire feste des affaires passée; et de faict tous les traictemens qu*il receut depuis ce jour là jusqu'à son partement du Piedmont , fut de tenir les oreilles et la main ouvertes à toutes sortes de personnes qui eurent envie de médire de luy, et de se préparer à patiemment endurer les rebuts et toutes les défaveurs qui luy coururent depuis à bride abatue. La première accusation fut levée contre La Rivière , son cousin, gouverneur de Sainct Damian (par le sieur de Montafie) , disant qu'il avoit batu ses gens lors qu*il fit commandement aux païsans de le venir ayder à desmolir la place , laquelle fust demeurée contre le commandement du roy à qui n'eust usé de rigueur , Sa Majesté ne fournissant rien pour ce faire. Mais me ressouvenant de la querelle qu'en avoit faict ce sieur de Montafie , avantageux à mesdire , le mareschal enchargea Billiad de représenter au roy ce qui s'estoit passé entre Montafie et luy, c'est qu'il luy dict en présence de beaucoup de noblesse : «Où vous prouverez que mon cousin s'y soit esgaré, contre ce qu'il dict, au service du roy, je luy feray coupper la teste ; et si vous ne le faictes aussi , la vostre y demeurera pour gaige de vostre fausse accusation perfide. » Mais le sieur de Montafie quitta la partie.

Fut aussi dict que plusieurs grandes levées de deniers avoient esté faictes snr le pals , desquels on disoit qu'il s'estoit aucunement accommodé ; surquoy fut respondu que le pays avoit à la vérité esté chargé de Tentrelencnieul de vingt-six compagnies de gens de pied , de deux cens chevaux légers, des munitions , des cliarrois , de rartillerie , des fortifications , des condiiilles do vivres et autres charges exprès , pour toutes lesquelles le roy n'uvoit jamais , depuis le commencement de la guerre , jusqu'à la fin., envoyé un seul

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLMIS.

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deDÎer , et que s*il estoit ainsi qu'il y eust eu malversation aacunc , qu'il s'en faloit prendre aux tliresoriei*s que le pais avoit députés, et non à luy, qui leur avoit commandé d'en envoyer ou de porter eux-mcsmes lesdicts estais et les comptes au conseil du rv)y.

Aussi qu'il avoit, durant la {][uerre, faict par inimitié abbatirc le cliasteau de Gagliani, appartenant au marquis de Masseran. Laresponce fut que rien n'avoit esté faict en cest endroict que Sa Majesté n^cust elle-mcsme commandé, et quil se repentoit de n'avoir cocor abatu Juma{jlia et Masseran , puis qu'il avoit esté trouvé marchant de biais au service de Sa Majesté , contre la foy qu'il luy avoit donné quand il luy mitl'escharpe blanche au col ; et que quand tout cela ne militeroit pas comme il faut , que c'est le devoir d'un gcnei*al d'armée de faire défendre les places tenablcs et d'abatre celles qui ne le sont pas , quand il ju{;e , comme il avoit faict , que ceste cy ne pouvoit lors estrc competemment fortifiée, et que M. de Termes estoit celuy lequel , par le commandement de Sa Majesté , l'en avoit providemment dépossédé , et avec beaucoup plus de douceur que ses deportemens ne meritoient.

Là dessus il commanda à Billiad de dire à monseigneur le connestable que toutes ses actions avoient esté si justes et si sainctcs , qu'ayant cest honneur de luy appartenir , il ne devoit permettre qu'on parlast ainsi à la voilée d'un homme d'honneur , qui valloit mieux au bout du pied que tous ceux qui prenoient l'audace de parler de luy autrement que bien à poinct, et que s'il les cognoissoit qu'ils s'en ressentiroient fort rudement; qu'en la confiance qu'il a que la vertu s'afinera parmi ces impostures, que les traits enflammés qu'elles descocheront seront receus avec le bouclier de la foy et de vérité ; que Dieu la benist tousjours. Le connestable respondit que ce qu'il en avoit discouru avec Billiad estoit en intention de tirer la mesme vérité des choses , et qu'il avoit esté bien aise d'entendre maintenant comme tout estoit passé pour en parler au roy et à M. de Savoye , et bafouer tous ces porteurs de foux poulets et de rogatons.

t Pu 15 may , le mareschal fut adverti qu'au-

cuns avoient mis en avant au rov, àM.ctiM* dame de Savoye , que le mareschal , en dressant la Baliere de Cabise , auroit prias la terres par où elle passolt , non seulement sm payer , mais conlrainct aussi tous les vill^ des environs à y travailler à leurs despoi et sans aucun payement , et qu'en tout a faict là il s'y estoit porté fort injusteuMM; c'est pourquoy il pria dèsloi's le presideatErague , et deux conseillers , d'aller toit k long des villages qui sont es environs h Biliere pour prendre information sur toosco faicts; ce qu'ils avoient faict; etquefff leur propre procès-verbal , qu'ils envopreni au roy, il ne s'estoit trouvé palsani; gentil-homme qui en ait faict plainte <fii liard : quoy faict , il supplia le roy et lodicts seigneur et dame de Savoye , de tm appeller au conseil de Sa Majesté les sei* gneurs de Raconis de Sanfré de La Novalw, et autres du pals qui estoient prèsdeSooil* tessc, pour sçavoir au vray la vérité des affaires premier qu'en faire plainte , et qui avoit l'ame et la conscience , pour le r^vi de si meschantes accusations , si constammei résolues , qu'il n'en daigneroit parler pis avant, pour n'offenser les chastes oreilles A Sa Majesté et de Son Altesse de chose si i famé que ceste cy , et que la plnsgrandeAveur et honneur qu'ils luy sçauroient fiiirf|1 ce seroit de députer commissaires, tant s Piedmont qu'ailleurs, pour examiner le coin de sa vie et de ses actions , toutes lesqueBei

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ont esté si pures , qu'elles démentent M p ceux qui en voudront autrement parler, sot « dict avec la révérence et correction de F« et de l'autre prince ; et que , tout cassé qil est, vienne à Tassault qui voudra, il a e^ cores du courage et de la force assez pov, sous le congé de Sa Majesté , faire recevdr son dire pour véritable comme il est. Il d escrivit autant à madame de Savoye, quifei avoit elle-mesme adverty. Tant y a que k roy s'en fascha fort, jusques à menacer cal qui s'advanceroient , comment que ce Mi au préjudice d'un si grand , si brave et âii' tegre capitaine qu'il estoit : aussi estceki vray oflice de prince chrestien et del de ne detracter ny de jamais n^onir lesd< teurs , car toutes les fiesches qu^ib

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