LIVRE ONZIÈME
es villes , de la distribution ires aux gens de guerre : ce
raisonnable, et d'ime fort equence, à cause des abus ]ui en succederoient ; qu*il té en ordonner ; ce qu'elle 'opinion de luy.
ivoient dressé Testât de sa e la cavalerie avoient oublié
et contrôleurs ordinaires i avoient chèrement acheté
raccumulement de tant et ; estait mal propre au serlié et soulagement de luy, )oit , ores que ki coulpe fust
que Sa Majesté luy manda , e mois, qu'on faisoit tout ce ur le secourir , il respondit s ;correction y non luyquil lais bien les propres afiaires :]ue si les al&ires ne preeminement qu'il eust désiré, icitement rejetter la coulpe )n faisoit tousjours.
de tous cost^ pour procens du Piedmont , du Montde Valence , et de mesme X licentiemens des gens de pourroient toutesfois estre s deniers ne fussent arrivés, squels messieurs les finan* nains trop gourdes, ais non jamais de bon cœur, jesté a arresté sur la res- )s et jurisdiclion des cinq puis que resoluement elle ) sa conscience et le service ajesté» qu'il B*avoit jamais m plus parmy les faicts que contraignoient aiyourd'huy kl Majesté que c'estoit une se , et de telle conséquence u'il ne pouvoit à moins qu*ils tous les inconveniens qu il qu'on avoit mesprisés, et ment regrettés par aucuns ; gueiTc et les liabitans des \ comme oyiont bridés dans oavoieQt tt
plus outre , et mesme lesdicts liabitans qui voudront recueillir et se servir de leurs bleds, vins, et autres commodités qui se tirent des champs , et qui seront hors le mil ; qnoy leur défaillant, et de main en main le pain quotidien aux gens de guerre aussi bien qu'à eux , que les uns et les autres ne demeureront pas vains au recouvrement , <|ui sera encores si cher , que leur paye ne sufliru pas pour quinze jours seulement; et lors force leur sera de. faire comme le loup que la faim chasse hors des bois , qui en prend où il en trouve.
De là sortirent les plaintes , les cricrics et les querelles aussi de monseigneur de Savoye , que , quand bien Sa Majesté augmenteroit le payement des gens de guerre, et Tenvoyeroit encores à poinct nommé , que pour tout cela ils ne lairront de demeurer enveloppés parmy beaucoup d'incommodités, et de courir la campagne pour respirer un peu au large. Il adviendra de ceux-cy comme des femmes qui désirent tousjours fort ardamment les choses deffendues et qu'elles mesprisoient précédemment : les gentils-hommes et les officiers qui auront la discrétion , se contiendront pour un temps , et en lin la patience leur eschappera comme aux autres > et audict sieur duc la colère dont il aura luymesme basty les eschellons pour avoir voulu plus qu'il ne devoit, et qui peut-estre forcera un jour la France , si elle devient sage , à revocquer et casser tout : et de là l'amitié et l'affection s'esgareront. 11 faloit apporter à toutes ces choses un tel tempérament, que ce prince ne peust avoir aucun argument pour sortir hors des gonds , ny le François aussi d'insolescer au préjudice de ces resolutions trop restrainctes; qu'il supplioit, quant à luy, la divine Majesté , vouloir destourner tous les orages qu'il prevoyoit. Et à la vérité, qui observera ce qui advint depuis, il trouvera que le marcschal avoit esté une autre Gassandre, car et les cinq places et le mesme marquisat furent depuis perdus, avec sept ou huiet cens pièces d'artilleiie.
Qu'il supplioit irès-liumblemeiU Sa Majesté ordonner que les neuf mil livres qui se souloient lever en Piedmont pourlt! taiilou . lussent rejettes sur la France, à (lu que la
MÉMOIRES Ftf. Wim*ftW VÏLUR9-.
cpdcr :iu priiico inférieur ({|ui dV-si [\m-& (juc de nos belles plumes ) Pl la force et les itioyens pour tenir en sa iii:im le s:iUil et lu perle des cinq places qu'il eslimoil en son cœur luy estrc injuslement retenues? Qui buîlle à garder su bourse au larron ne trouve jamais son compte : et de faict l'undace et i'injjratitutle volèrent jusques là , que ce mil fut si exactement livellé , que les ministres de M. de Savoye parta{{erent une metuirie et tin jurdïn en deux.
Uiru aussi Icdict Ctgonf^ues que le mareschal n'a jusqu'à ce jourd'buy peu (luiiter la possession de la campa{;iie, pourautant que Sa Majesté n'ayant encore» envoyé un seul denier sur les sept mois qui sont deus nux uns et aux autres , il esiuît impossible de retirer , dans des villes si estroiclement emprisonni^es, la cavalerie , gendarmerie ny fanterie ; que ncantmuls , ayant compassion de la foule que cela upporluit aux aflaires de Al. de Savoye , il avoilprié le sieur deCoconal de trouver bon que tuut celu se retirast dans quelques vilia- {;es , pour y \ivre selon la taxe et Testât qu'il enferoitluy-niesiue.etle tout seulement jusqu'à temps que leurs payemens fussent arrivés,'; mais un l'a trouvé si revesche qu'il n'en a voulu rien accorder . ny le muresclial succomber à son obstinaliuu et ù l'ineonventonl.
Que les lieutcnaus des deux conip:i(;nies coronnellos de M. le prince deCondépretendoient l'aucturilé du commandement dans les places (en l'absence du gouverneur); que par lu pi-aciique jadis observée, le plus ancien capitaine de Bcndarmerie, de cavalerie oit fanierie , y commandoit ; que pour n'irriter ledict sieur prince , il supplioit Sa Majesté ea vouloir elle niesnie ordonner ce qu'elle jugera convenable. La practique ancienne l'emporta depuis.
Que si M. du Savoye eust dés le commencement reccu les rcmonstrances qu'il luy avoil faictes pour conlenir en oBîce ses subjecis sur lefaict des restitutions, ceuK deSaviglan ne so fussent esgarés, comme ils ont liiici, envers les serviteurs de Sa Majesté ; ils n'eusscnl mis lu uiaio k la correction, qui n'aioulesfois esté que modérée.
Du quatriesme aoust, il manda à Su Majesté que pariny les patentes qu'elle a en-
voyées pour bircslitnlîoD()itPiedinanl,q«'M a oublié celles qui sont ncccssaîns pour b Moniferrat , et ono panîcuUere pour La Mi*f. Gondrin, gouverneur de Casai, lequel s'idisline à ne vouloir rien Êiirc '""^ •"' ■^ toutesfois , considérant que ^i roil. pour ce regard, cstrc ir tables plaintes, it luy a douiu ..i .
luy fuire fournir dans trots seiKiuiurs; ce qu'il plaira À SaMajc^é faire acrorofdir.
Le marescbal se voyant inal Hcoum tt tons les jours diversement travaillé restiluiïons, pour l'estab-issenient des dBf places et du payement des geos de goem et désormais si atténué qu'il avoit lienil| d'aller respirer en sa maison qu'il R'anit' veue il y avoit onze ans , il priai de demander en un seul coup tout ce qatif estoit nécessaire pour l'executimi (les «emnndemens de Sa Majesté, |>rr}t<-&taiit !)«, s'il n'y estoit promptement pourveH , f«ra luy seivit de tout quitter ci se rdJrcr. El voici le sommaire :
Qu'ayant perdu loulo espérance de pMW recouvrer deniers de Lyon pour la nvunits* de la gendarmerie , eavalerio , faotcrie , olcters de la guerre et de l'urtillcrie encor dequoy pouvoir sonUiger la condition oii res pau\Tes seigni cour de parlement et chambre des avec leurs familles , esloient indij*!
rednicls, qu'il supplioil tr^s-huniblrmciu J) Majesté pourvoir aux uns et aux autres, ol avoir pour a|p-eable qu'il se retire desamiÂ
Que le sieur de Tcrrides, capiutne.llf a quarante ans , de gendarmerie , ri neur de Pinerol, luy avoil mandé qu1l ntoit de toutes pans si mal traictéet neoçtf*. qu'il avoil plus d'envie de iOut qnJI do retourner, ne voulant plus moutons s'il n'en a la toison ; quft dOssun et de La Moite Gondrtfl mesme game ; qu'il u'est tnulcsroH ble qu'estant M. da Savoye sur li venir en Piedmoni , qun les places desemparées de leur assistance.
Que les gouverneurs des pinces vri anjoiird'liny embrasser unn aoriorilii fui jamais pruciiquce , Â sçavuir de tl à leur discTcliou , et saos upfM^lcr k« rinilk)
et les fourriers des villes , de la distribution des logis nécessaires aux gens de guerre : ce qu*ilne trouYoit raisonnable, et d'une fort clangereuse conséquence , à cause des abus et des querelles qui en succederoient ; qu'il supplie Sa Majesté en ordonner : ce qu'elle fit depuis selon lopinion de luy.
) ' Que ceux qui avoient dressé Testât de sa gendarmerie et de la cavalerie avoient oublié les commissaires et controUeurs ordinaires des guerres , qui avoient chèrement acheté leurs estats]; que Taccumulement de tant et tant de desordres estait mal propre au service de Sa Majesté et soulagement de luy, sur qui tout tomboit , ores que ki coulpe f ust d'autruy.
Et pour autant que Sa Majesté luy manda , le septiesme de ce mois , qu*on faisoit tout ce qu'on pouvoit pour le secourir , il respondit quec'estoit, sous ;correction , non luyquil Âloit secourir , mais bien les propres afiaires de Sa Majesté; que si les affaires ne prenoient pas tel acheminement qu'il eust désiré, qD*il n'en fuloit tacitement rejetter la coulpe sur luy, comme on faisoit tousjours.
Qu'il a envoyé de tous costés pour procéder aux rcsiitutions du Piedmont , du Montferrat et à celle de Valence , et de mesme «lilte procède aux licentiemens des gens de guerre, qui ne pourroient toutesfois estre parachevés que les deniers ne fussent arrivés, et sur l'envoy desquels messieurs les finan* ciers avoient les mains trop gourdes.
Qu*il obéira , mais non jamais de bon cœur, %iir ce que Sa Majesté a arresté sur la restriction des Knages et jurisdiclion des cinq l^aces retenues ; puis que resoluement elle lo veut ainsi , que sa conscience et le service l^ropre de Sa Majesté , qu'il n'avoit jamais laissé clocher, non plus parmy les faictsque les parollcs, le contraignoient aujourd'buy lie remonslrer à Sa Majesté que c^estoit une Iplaye si dangereuse , et de telle conséquence Ipour Tadvenir , qu'il ne pouvoit à moins qu'ils 3&*engendrassent tous les iuconvcniens qu'il jivoit prevcus , et qu'on avoit mcsprisés, et assez inconsidorénuMU ro{^reUés par aucuns ; que les gens de gu(;rn; et les habilans des 'villes, demcurans comme oysons bridés dans la cage, ne se i>ouvoicnt tenir de marcher