‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 44 sur 224 · LIVRE DKUXIESME · texte numérisé non relu

LIVRE DKUXIESME

0(rie de cinq bandes italiennes du coronnel îierré StrossI , pour les cnvoTer à Psrme. — Lênr destniGtkili tff If comniiindcmènt de donip Ferrand Gonzague , avec ses frivoles excuses. — Le sieur de Bonnîvet , coronnelviifni, TS campera Poyrin, en juin ^550. — Conseils el préparatifs de la guerre par Brissac. — Foriification ùi^ idoasiere de Barges , pour raison de laquelle tes Impériaux rompirent la paix. — Ouverture de ta guerre pflllr m4C, le troisiesme seDtcnfbra i551 , par la prise de Quiers el Sainct Daniian. — éprise de plusieurs cbasteaux e fAstizane et du Mnnirerrat. — ^Plainte de la marquise de la royale maison d*Alcnron , et la response par àris« ie.-*Dr(Riides des Ongres venus au secours de Tempereur. — Fartenient de domp FerrAnd dn siège de Parme. 4)plljiicte (le quatre enseignes italiennes à Saiucl-Baleing , parles François. — Resolutions, conseils et delibe* liofi^de Tempereur. — Levée de quatre mille Suisses pour le Picdmont.— Desseins de domp Ferrand rea* irsés.— Le pape demande la paix au roy, qtil la luy accorde. — Practiqncs de Tèniperear au^eontraire.

1661 } Ayant le maresclial rangé et bien losé les affaires , il voulut faire on tour le pays , pour reco{;nolstre (|tielles et bien de places estoient commises à sa Icqaclles leurs forteresses et munitions, de vivres que d^artillerie , pour , selon , oitlonner et reformer , comme H fit ed |ue lien , ce qu'il jd{;ea nécessaire ponr ûnservation d*iceluy , mesme sur le futur aement de guerre , voulant tonsjours lost prévenir Tincontenient qu'estre pre- 1 de lay. Gela faict , 11 se retira h Thurin, t séjourna josqucs en Tan 4â51 , qu'il eut telles de la part dn roy qu'il faioit comm i penser aux affaires du Parmesan , l'eschaoObient fort , à y envoyer les cinq les bandes italiennes qui tenoientg^arnison HVdmont sous le coronnel Pierre Strossi. iccuiion, ores qu'expressément comman- •ftfleroy, en fut trouvée fort difficile, Dr îQtant qu'A estoit à présupposer , en saot le compte du vo'sin comme le sien )|)re, qu'ayant les Impériaux délibéré d'asliren mesme temps et Parme et la Miran- ^ sans s'arrester à la protection françoise ji par enx descouverte , qn'ils roettroient tsor tous les passages et advenues qui ient à leur dévotion , à Bn d'eropescher octmes forces ne ^eussent estre envoyées e costi là , soit en trouppe ou h la file ; lianiere qu'exeÈutant ce commandement n sorte que Sa Majesté vouloit , c'estoit ^mment précipiter et les capitaines et les au en un inévitable danger , et mesmes garnir bor$ de propos le pays des forces

mesmes dont il auroit bien tost besoin. Dd leur faire prendre , comme atictins persiia-^ dorent , le chemin par les Grisons , on le trou* voit si long et si pénible , que les bandes seroient à demydcRhictes auparavant qu'arriver h Parme , et tant harassées aussi qu'on n'ei! f>onrroit de long tetttps tirer service : Concluant par ainsi que Sa Majesté ne pouvoU mieux fan*e , pour remédier à ces apparens inconveniens , que de fhire dresser à bourcë ouverte nouvelles bandes à la Mirandole , lë roesnagoment et l'espargne estant à rejettef en semblables nécessités, lesquelles il hat dès le commencement mesurer par une certaine abondance, reiglée toutesfois, et qui ait l'honneur pour sa guide, l'utilité et là prospérité pour sa principale fin.

Tout cecy fust vivetiient remonstré an roy. Sa Majesté néantmoins , fednant les portes à ceste vérité , pensant aussi beaucoup espa^gner, ordonna que les choses seroient exécutées comme elle avoit premièrement cofnmandé , nonobstant toutes ceè remonstrances et suasions au contraire. Et edcôres que lé mareschal recogneust assez dès-lors le mal qui en pouvoit advenir, outre le déshonneur et perte de réputation , qui est tousjours fort dangereuse à l'administration de ('estât, et mesme au commencement , en tant que plusieurs princes, grands seigneurs, et autréà personnes de marque et dé qualité , soht lori aux aguets, attendans de pouvoir recognoistrc auquel des deux partis le malheur conrr^ sus pour se rspiger du costé victorieux ( c'est

une ancienne et naturelle nisc de ritalièo,

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MÉMOIRES DE BOYVIN DU YILLARS.

mais surtout du Vénitien , qui s'est tonsjours accreu par les calamités et par la ruyne d'autruy); si est-ce que le marescbal, ayant de longue-main apris que le connestable , entre les mains duquel estoit pour lors le souverain maniement du royaume , ne se laissoit jamais yaincre par aucunes répliques sur les choses qu*il avoit des-jà arrestées, il délibéra et d'obéir pourceste fois , et d*en attendre patiemment le coup.

Ayant là dessus recogneu que il ne pourroit envoyer ces compagnies en une seule trouppe,s'il ne vouloit trop appertement descouvrir ce qu'il desiroit de cacher le plus , il print resolution , pour sa descharge , sur Tincertitude du succès, d'en délibérer avec Bonnivet , coronuel général de Tinfanterie Françoise ; René de Bii*ague , premier président au senal de Tburin; Ludovic de Birague, coronuel gênerai des Italiens en Tabsence de Strossi ; d'Ossun , gouverneur de Thurin ; de Montluc , maistre de camp ; La Motte Gondrin, gouverneur de Ville-Neufve;deLigon' des , aussi gouverneur de Carignan ; Francisque Bernardin Yiroercat , surintendant des forlitications , et autres seigneurs et capitaines; la pluspart desquels, toutes choses bien bakincées , trouvoienl le hasard si grand qu'ils estoieut tous d'advis qu'on en fist nouvelle remonstrance au roi , signée de tous, aKn de Tesmouvoir à cela mesme qu'ils jugeoieiit le plus convenable ; ou bien quc^ ne voulant plus entrer en réplique pour ce regard., les compagnies fussent conduites par le long et pénible chemin des Grisons. En fin, toutes choses bien débattues , chacun se rangea ù ro|)inion du mareschal, à sçavoir: qu'il estoit plus à propos d'amasser de quoy faire payer ces compagnies italiennes, et puis leur faire monstre , et sur le mesme champ faire semblant de les casser, les ayant touiesfois faict advenir auparavant par leurs capitaines du l'intention au contraire , et que c'estoit pour leur donner commodité de se retirer à Parme, où leurs capitaines les iroient attendre et recueillir , pourvoir d'armes et d'argent , et là faire service à Sa Majesté sous un prince son amy et son allié , et duquel ils scroient bien traictés et receus.

^ Les choses ayans este résolues de ccsle

[lôSl]

sorte , elles furent par après ainsi executéei par les capitaines, à sçavoir : Onnelio Beotivoglio , lieutenant de la compagnie coronelle de Pierre Strossi; Gheramont , Jean & Thurin , Moret Galabrois , et Vincent Taday qui se rendroyent tous , par divers chemins au lieu arresté.

Domp Ferrand de Gonzague , lors lieuteB»

gênerai de l'empereur en Italie , fut adveri

décela, et, croyant que ce n'estoitqu^m

feinte tendante à la mesme fin qu'elle hûsoil

et mesme estans lors les affaires du PanM

san si publiquement sollicités , que ceux qi

avoicnt tant soit peu de jugement voyoiei

tout au travers , il dépescha quelques troupe

commandées, pour mieux couvrir ce qi|

deliberoit, par le capitaine de justice , f(^

se rendre sur tous les grands chemins qui m

rendent en Lombardie , et là arresier , ti||

et massacrer tous ceux qui se trouveroieottt

habit de soldat n'ayans de congé ou attesl^

tlon des capitaines ou autres ministres inqwij

riaux , et spécialement tous ceux qui diroiei|

avoir esté cassés du service de France d|

costé de Piedmont. j^

Cela fut soudain ainsi misérablement eijb

cuté sur plusieurs qui tombèrent es nuiios4|

ces satellites. Toutes-fois la plus grand pu}

de ceux qui prindrent leur chemin par 1||

montagnes deGeuncs,d'Ormée et parled^

sus de Gatinarre et Romagnan , passereol. 4

sauve té. ^

En fin advint cela mesme qui succedesooni||î

à ceux qui, par trop de debonnaireté , se Mi||!

trop fiés en la foy d'autruy ; les roaledictlMI

et les regrets nous en demeurent tousjourSi j

Au mois de mav 15ol , estant ceste crudl

exécution venue à la cognoissancc dumanit;

chai, il la fit soudain entendre au roytAK

monslrant à Sa Majesté que c'estoit unfrtf

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