LIVRE PREMIER. tm
la parole , et rendit de lu à deux heures l'unie à son créateur. Ce fut un grand dommage pour la France . ù cause de la singulière prudence , bonté et expérience qui estoient en luy, ayant accompagné tous ses faicts et toutes si's actions . tant civiles que militaires , d'une irès-recommandable dévotion et lïdelilé envers ceste couronne , ores que lej'crement récompensé toulesfois sur la perte d» ses biens et estât , non plus que les ducs d'Âiria , de Somiere , prince deSaleme, et autres , selon l'ordinaire de la France , qui ne faiirt mise ny rece[)te des personnages de valeur , sinon autant que la nécessité l'y cu»trainct , passée laquelle se sauve qui pourra.
Le lendemain Brissac , que j'appelleray cy après mart^sclial de France , s'acliemina vers Tburin , ville capitule du Piedmout, approcliant de laquelle il fut rencontré par messîre René de Uimgue, président de la cour da parlement de Piedniont , depuis cardinal et chancelier de France , accompagné de tout le corps du sénat , chambre des comptes , corpa de ville , et par aucuns des gouverneurs et capitaines ayans charge audici païs ; au nom de tous lesquels le président le salua de ceste harangue et bien-venue ;
X ^i nous avons par le passé , tres-illustn 1 seigneur , ou occasion de nous promettre da la maiu des seigneurs ([ui onlcy devant con* J mandé en ceste province , qu'elle en rec»< [ vroii alegemcDt, conservation et augmenta^ tion , nous le devons aiijourd'huy plus que ' jamais ainsi espérer , par ceste grande valeur ] et prudence qui reluisent en vous, que Sa Majesté a choisi pour successeur au feu prince de Melpbe : c'est , monsieur , une croyanea receue et bien avant conlirmée par tant da glorieux faits que vous avez cy devant heureusement demcslôs , à l'exaltation de ceste | ancienne couronne. Et à la vérité , les escellentcs conditions que Dieu vous a commuai- | quécs , avec l'alTt^ctlon que nous avons i l'avancemeot du service de Sa Majesté, noue obligent à nous eu congratuler et rcsjouir, comme nous faisons, et avec vous, monsieur, et avec nous mesmcs aussi. L'amour et la révérence que nous y apportons voua fera croire , s'il vous plaist , que toute ceste ' tiofloorabk compagnie sent totujotU'S presieu
MÉMOIRES BE BOTYIN DU YILLARS.
M fliof Êm elle { pcAr Irèfldfe k Sa Majesté ec k toM iiMl i toiixm k scto lleateiiaiit ge-^ gmif i léiit le fidèle service et ioote Toois- Uiftcé qil*il nom sera {>09siMe. •
Le Mlreschal les remercia , noa senlement de cette bonne volonté et disposition , Amis 9«8si de Thonnorable Jugement qu'ils foisoient de hiy » et qn'll les avoit tous en telle re?erènrn et estime , qu'il les anroit tonsure ptMir eompignons et pour amis en tout ce qu'il aifr<Ât d'ores en-avant à délibérer et k exécuter pour le sertice et pour lesafbrres du Niy i et ndmnément lity président , tatit pour le coipimudement que Sa Majesté luy en avoit fiilGt , coBune pôor la {>rande opinion qu'il atoll de sa prudence et prend'hommie. Antres semblables tomplimens passèrent de main en maii entre Iny et les autres seigneurs et capitaines , accoftipagné desquels il fit son entMe k Thnrin le 30 aousl 1550 , salué de toute Tartillerie et arquebuserte , mais sur tout d'iMe singulière amour et bienvueillancc dn pekple ei des dames , aucunes desquelles* , et Énotmes la sigttora Angela de Bisque , voy ans emsOrft reluire en luy quelques rayons et qtfelqnés (fTacieux traits d'une récente et encores assez agréable beauté, sceurent bien dire qiie des beaui l'arriére saison en estoit iWifiMM belle et gracieuse. Il fut conduictk VP^iê cathc<frdle , recetl du clergé , et coudi^ an grand aatel , pour rendre grâces à Dtèn et solemniser le T» Ihum iaudamuê.
Ayant le mareschal prias possession du goutemeftient , H s'adonna de tous poincts à la ei^gneissaHee et k rcstabHssemcnt des aflbîres, ÉMredieshnl te tout d*une faiciie audience et Httèà , et d*nne modérée conversation et fa- IrilMIé k l'e&droict des uns et des autres ,
la beauté ef la gentillesse dès dadies y asr* vant quelquefois d*tm plaisint entre-iaete^
Et encores que ce soit clieae quaai paarie en coustnme , que ceux qui sont prooKus et iotrcmisés 191X grandes cbarges et estats ayeat accoustomé d'innover et de remuer k leur advenement tout Tordre et tout le reglemeal que leurs prédécesseurs souloient teidr et praetiquer au demedement de la paix on dS h guerre , estimans par ce moyen apporter ai plus grand lustre et un plus grand èactat k leur nouvelle auctorité , si est-ce que ce seigneur, condamnant les actions de Pompée contre LucuUus lors qu'il print de ses maiai l'armée romaine , et admirant la vertu et II prudence du prince de Melphe en tontes sortes d-aHaires, tant civils que militaires/ confirma et approuva tontes les ordonnane«y| et tous les reiglemens qu'il avoit faicts : fa^ norant par ceste louable façon , non seuléoeal ' la mémoire de ce grand personnage , mab donnant aussi de mesme sniite un gracîeat coup d'essay de la douceur et rétention den naiure , invitant ceux qur par après luy pour^ | roient succéder à faire de meskne en. un! endroict , et k rejetter /ainsi qu'il avoit bk^^ toutes les fréquentes persuasions qui Iny es^ loient fsiictes au contraire par aucuns panldi^^ nés ministres , qui portoient scores tout ar*^ grande envie k la gloire du prince , qû'i avoient recentement faict k sa vie : irrepre*' hensible toutesfois quant aux hommes , éi seigneur ayant de longue main aprins que faal plus courtoisement et justement on se gm^ ' verne an maniement de Testât , tant pW grands en sont Tbonnêor et la prospérité i mais sur tout la grâce de Dieu plus ptih pice.
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LITRE DEUXIEME
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