NÉ VFBS 1535. — MORT VERS
On n*a guère d'antres détails sur du Villnrs, auteur des Mémoires contenus dans oc volume, que ceux qu*il y donne lui-même. Dans le frontispice de tes Mémoires et dans Tacte de cession de privilège pour Timpression , il se qualifie chevalier , conseiller du roi , maître d'hôtel ordinaire des reines Elisabeth (femme de Charles IX ) et Louise ( femme d'Henry III), ' et bailli de Gex.
Bans Tannée 1551 il suivit le maréchal de Brissuc en Piémont en qualité de secrétaire. Brissac avait en lui la plus grande confiance , et , connaissant son intention d'écrire rhistoire de ses campagnes , il le mit à portée de lout voir , Tadmit à tous ses secrets et lui communiqua toute sa correspondance en rauiorisant à en faire usage. Du Villars profita de ces avantages dans Tintérét du maréchal.
Il fit imprimer dès 1607 une première édition de ses Mémoires , qui ne contenait que dix livres ; mais , ayant depuis recouvré des papiers qui lui avaient été enlevés pendant les guerres de la ligue , il corrigea et augmenta ces dix anciens livres et ajouta deux livres nouveaux. Ces Mémoires contiennent ainsi tout ce qui a rapport à Texécuiion du traité de Cateau-Cambresis , et ne se terminent qu*après le retour de Brissac en France. C*est plutôt une histoire un peu diffuse et un peu louangeuse des campagnes du maréchal de
Brissac, que de véritables Mémoires, quoiqu'il leur en ait donné le nom. Du Villars se contente de narrer ce qu'il sait,' sans viser aux effets de style ; il dit lui-même, « qu'en traietant d'armes et de combats , il est plus à propos que son langage sente le canon et le soldat barbouillé et mal peigné que le dameret parfilonné ».
Outre ces Mémoires, du Villars a publié en 1610 un autre ouvrage qui a pour titre : Instructions sur les affaires d'estat, de la guerre, des vertus morales.
« J'ai passé , dit-il dans la préface de cet ouvrage , qui forme un in-8<» de plus de 700 pages , j'ai passé soixante-dix ans , dont cinquante ont toujours esté parmi les afiaires d'estat et des armes , et des charges qui me donnoient faveur , honneur et entrée partout honorablement. »
Voici quelques unes de ces maximes qui feront connoltre la nature de l'ouvrage.
A contenrer les estais, la force et la prudence sont nécessaires. H y a plus de louange à conseiref^qu^à con«
BIOGilAPttlQtJES.
JC?
fiiiîr; d de' fait les ancieiif punîitoîeiit , non cdni Cirait fCfte Vespée, nais cduiqui avoit perda sa TtadtnK.
Le prince doU i^iprocher de loi^ non pas ceuxqui 4d|Ntteiit curieufeiiient des petites choses, mais ceux ^cilciilcnt et parient bien à propos des grandes.
Dieaw faict ni fonne les roys pour aucun mérite fsi ssif en eux ; car qn*est-ce qu'ils ont ou peuTcnt fUie , qa*ib n^ajent reoeu de luy , soit en naissant , sa ertaos deqà levestus de la lumière ? Il les aranceà hcoareane, qod afin qu'ils usent de leur puissance à ksr appétit et Cantasie , ains pour son service , pour u fftmt , et ao soulagement et conduite de ceux qu'il ais«BÎs à leurs sœptres comme lieutenans et fidelles do souverain, et dont il faut gayement le depoat et la grâce lorsqu'il les redemandera, « ifec une grande , juste et louable usure.
Leagcprincedoit tousjours avoir la paix et la guerre I Si main , c'est à dire de quoy exécuter l'un , mainct conserrer l'autre , selon la nécessité de Pcrtat.
un prince ou un grand seigneur a perdu le avoir suivy et servj un grand roy , et que il est contrainct recourir à luy , il lui devient ennuyeux ; de sorte que le plus souvent il : c'est poorquoy il ne se faut jamais emavoir en main de qnoy se mettre à couvert Cfcnement de contraire fortune.
LetToKsne
kfnmçm
reçoivent jamais en 'gnee , amitié ny
Deux qui leur ont fait tort ou injuie :
pv le contraire , à deux joon de tt est
Les princes se montrent ordinairement tont asseorét quand ils ont à leur [service quelque grand j capitaine sur la valeur et vertu duquel ils se peuvent reposer ^ mais , s'ils estoient bien sages , Ustascheroient d'estre eux mesmes tels que ce grand capitaine, afin que leur propre valeur fust leur asaeurance. Voyez en quelle peine se trouva le roy Henri II , apréslaprinsedu cou* nestable, k la journée de Sainct Laurens , sur la conduite duquel il a voit tant accoustumé de se reposer ( ores que lui mesme n'eust faute de vaillance et de prudence) , qu'il ne sceust depuis gouster autre gênerai; et , pour le r'avoir , se laissa réduire à la honteuse paix de cinquante-neuf. Le feu mareschal de Byron peut avoir place icy.
Qui veut continuer la guerre sans payer les soldais , niyne la discipline, introduit la desobéissance , dont succède la mine des armes.
Les princes acquièrent plus de blasme et d'infamie en conquérant quelque chose par fraude et tnhlsoni qu'en praticquant une violence manifeste , en tant que ceste-ci procède de la force et de la puissance qui est concédée par la fortune; nais la firaude et U tromperie prennent leur source d'une ame perfide , maligne et iigusle.
Les princes de naturel remuant n'ont jamais Iknfe de prétexte pour travailler antruy.
Le prince doit plustost apprendre à n'eatre Jamais vaincu qu'à vaincre autruy.
n faut que la jottice soit tonte nue et aani ualiia , et qu'elle ne se serre que d'une oreiUe à la Miy