‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 58 sur 224 · LIVRE CÊÛÎIÉMB · texte numérisé non relu

LIVRE CÊÛÎIÉMB

Iqiie demôn^ti ation digftie de $a bonté fet \m mérité , à fin de les animer , et les es aussi, par cest exemple, à faire de on mieux. A quoy le condestable, mieut nB('> que précèdent il n'esloit pas , disposa wleroy, que tous ces seigneurs demeu- Di fort contens et satisfaicts, et les proiQs acheminées.

I ce temps il print envie aux capitaines tprl)cs et Achaux , qui avoient la garde chasteaux d'Aviliane et de Ravel, de er leurs charges pour servir la campa- Cbacnn ayant remis sa place entre les s du roy, il commanda au mareschal de nommer deux autres personnages proà leur succéder ; mais luy, qui se soui( (le ce que Sa Majesté luy avoit faict dès le commencement de la guerre pour ihl)les provisions, ne voulut entrer en

I nomination , luy semblant , comme aussi il-il véritable, qu elle servoit d'une tacite goce et garentie sur ce qui en pouvoit i advenir : suppliant Sa Majesté faire Desme ceste eslection , et qu'il luy suffile rendre compte de sa charge , sans sV îT pour celle d'aulruy.

i pour autant qu'il n'a encores esté fiict ne mention du nombre des Villes et chasn qu il fûloit lors garder en Piedmont , il mt advenir que quelqu'un qui remarv)it le nombre d'hommes qu'il y avoit, roit qu'il n'auroit tenu qu'au mareschal nenstentreprins plus avant qu'il n'avott Je n'ay estimé impertinent d'insérer icy Rtsne roolle qui en Fut baillé à Plancy r porter au roy, cottant sur chacune le ilirr d'hommes qu'il foUoit pour simple-

II bjprder de surprinse , car , en cas de e oorerte , il eust esté nécessaire de la lobler en aucunes d'icelles.

Tburin , ville capitale de la province ,

; mil hommes.

Chivas, mil.

Montcallier , trois cens.

Quiers, mil.

Sainct-Damian*, quinze cens.

Carignan , cinq cens.

Pignerol , cinq cens.

Saviglan , six cens.

Cental , quatre cens

A Montdévis, dbdze cens.^

A Beyne , six cens.

A Gaselle, quatre cens.

Revenant en tout ft douze mil cent hommes ^ sans autres douze cens payes qui estoient départies par ces chasteaux icy ; savoir : Sute ^ Sainct-Michel , Avilliaile , Thurin , Pignerol i GarmagnoUes , roquette de Quiers , Moncuc , Castel-Nau , Casai , Borgon , Bursasc , La Gisterne , Villefranche , Gavours , La Rocque dé Baux , Beyne , Salluces , Yerzel , Ravel , Dronier , La Ghiuze , Gastiglione , La Morre et Verdun : qui est en somme treize places fortes et vingt et trois chasteaux , oii il falloit tenir treize mil trois cens hommes ordinairement engagés.

Environ le quinziesme du moys, voyant le mareschal que les Impériaux , qui s'estoient emparés de Passeran , travailloient toute la campagne et tous les villages d'entre Quiers, Villeneufve , Moncuc et Butiglere , et mesmes aussi toute la montagne du Montferrat, laquelle souloit Fournir de vivres à ces deux villes, il délibéra d'arracher ceste espine de son jardin. A ceste cause il ordonna h ÏjSl Motte-Gondrin de foire equipper les deux coutetrines de VilieneuiVe, pour aller essaye!* de prendre Passera» , avee l'aide dé sa compagme de chevaux légers , et qnatrd cens arquebusiers > et d'autres six cens ar-* qnebusiers et cent chevaux qu'il feroit partir de Quiers et de Sainct*Damiaki ,* qui se joindroient à luy au partir qu'il feroit de Vilte* neufVe. Gondrin , auquel ceste bieocqile eitipeschoit de butiner contributions autant pour luy que pour le roy, se trouva tout au^si-tost prest ; de manière que le vingt-quatriesme il se logea devant Passeran > où domp Mâtauel de Luna avoit laissé une enseigne d'Espagnols , lesquels ayant veu tirer l'artillerie , et estîmans les [forces beaucoup plus grandes qu'elles n' estoient pas , firent une contenance si estounée qu'ils furent soudain forcés et mis en pièces. Gondrin, ayant si bien exploicté, se retira à VilleneuFve , laissant le capitame Ventabran dans la place, laquelle, peu de jours après, fut par le commandement du mareschal si bien desmolie qu'oncques puis les uns ni les autres ne s'y logèrent. En ce mesme temps le mareschsd , désirant que te

MÉMOIRES DE BOTYIN DU YILLARS.

Teria et valeur de Yassé fussent recogneues ptr le roy^ supplia Sa .Mayesté Thouorer de son ordre, ce qui luy fut accordé; mais quand il fut un peu revenu à luy, il recogneut tard qu*il avoit faict tort au coronnel Bonnivet sm cousin , qui esgalloit les mérites de l'autre , dont toute la cou^des dames le contemnoit.

n s'en excusa au mieux* qu'il peut envm luy , qui estoit de si gentil naturel qu'il ne s'en scandalisa jamais , et s'en alla trouver le roy, qui l'honora peu après de son Ordre, comme il avoit naguiercs foict Vassé , et i quoy le tesmoignage de Brissac servit d'honorable médiation.

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