LIVRE DEUXIÈME
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qa'il en eust peu venir à bout; car, sans (e, conjoîgnant ces deux places du marat avec Cairas, Foussan, Busqué et Gony, il)er(é demeuroit aux ennemis de courir ravalller toutes les monta{pies de Daulé et de Provence par le col de TArijefe et par les vallées de Sainct-Pierre , Drvoier, de Sainct- Front, de Pau et e, dépendantes dudict marquisat. Ils oient aussi foire de mesme sur Pignerol » roan, Quiers, Thurin, Montdevîs, Beync, il^Saviglan et Villeneufve, et par ce m retrancher la commodité des vivres , illon et des contributions , lesquelles ai- Il infiniment à supporter les frais extralaires de la guerre , qui sont sans fin et mesure : mettans en somme toutes choe nostre part en telle combustion et cxité, que tous les ans il eust fallu avoir innée pour favoriser les semailles , les mges et les moissons , et presque une \ ordinairement engagée à la conservade toutes ces places. Gest advertissement lyant esté confirmé de deux ou trois auendroicts, et se voyant le mareschal si le poil que tant s'en falloit qu'il eust de f s opposer à Tennemi, qu'à peine avoit iryen de fournir les principales places, ne il avoit souvent remonstré à Sa Ma-
*, les principaux ministres de laquelle ient si peu d'estat de toutes ses remons- ^, etestoient si mal soigneux d'y apïï les remèdes convenables , qu'il n'en t jamais rapporter qu'espérances et pro- HS, mal propres pour rejetter les inconieosque le deffaut des effects pouvoit atrsorsesespaules. Dieu l'inspira à tenir Doyen pour y remédier et pour en demeuaossi deschargé : c'est qu'il fit appeller au cil messieurs de Nemours , d'AumalIe , lonnort , de Bonnivet , de Yassé , presi- Birague , de Montluc , Vimercat , Ter- , et auU*es principaux seigneurs et capisde Tannée ; auxquels en premier lieu il instra les grands préparatifs que faisoit )ereur pour renverser de tous points les es du roy, et leur fit aussi entendre les «niions de domp Fcrrand ,' et toucher au i et à rœil quels fonds avoient esté conlés depuis le commencement de la guerre,
en quoy il les avoient employés , à quels termes les affaires estoient pour , lors reduicts , les inconveniens et desordres qui .en pouvoient advenir , les continuelles remonstrances et supplications qu'il avoit foictes au roy, le peu de compte qu'on avoit tenu d'y pourvoir , et finalement son impossibilité à pourvoir y sans secours , remédier auxdicts inconveniens ; priant ces seigneurs d'en dire leur opinion, à fin que selon icellé ilpeust par après presser le roy pour son propre bien et interest;particulier, et demeurer justifié de ses actions, mesmement de ce que, contre le commandement dé Sa Majesté, il âvoit esté contrainct retenir jusques à lors six compagnies italiennes qu'elle vouloit estre cassées, et sans lesquelles toutesfois il n'eust sceu convenablement pourvoir les places. Adjonsta aussi à ces remonstrances que le connestable cornoit tousjours par toutes ses depesches la venue des capitaines Vicques et Labit , et des mil Gascons pour remplir les compagnies, tout ainsi que si c'estoitun renfort suffisant pour donner bataille ; et qu'il estimoit que cela le rendroit plus négligent ou plus difficile à le secourir , et qu'il craignoit que les vaines espérances dont (sur la parole du roy ) il avoit entretenu les gens de guerre , qu'ils ne perdissent (se voyans trompés) le courage, l'affection et l'obéissance aussi.
Ayans tous ces seigneurs diligemment recogneu toutes les nécessités et la dangereuse conséquence des affaires qui leur avoient esté vivement représentées par le mareschal , outre ce qu'ils en avoient d'eux- mesmes assez observé , avec la négligence des provisions , et le foible secours que ces pied-descbaux de Gascongne, dont le connestable foisoit si grand cas, pouvoient apporter, ils furent tous d'advis que ces compagnies italiennes fussent retenues, et non cassées, comme estoit l'intention du roy, attendu que c'estoient tous gens d'eslite et bien armés, et que les cassant c'eust esté envoyer autant de renfort aux ennemis, qui les eussent recueillis à nostre danger et desadvantage , dont Sa Majesté eùst après estée marrie; que, par homme exprès qui seroit envoyé vers elle , elle doit estre mieux esclaircie
MÉMOIRES DÉ BOtVlN DU VILLAllS. [itei]
qu'elle fl^estdtt idft de là t«f it4 et de Testât des atÀiJM , et Uôtàmment de la recepte et dëèpenl^ iliii Uroit esté faicte , du nombre dte fbrceA, forteresses et chastéaax qnUl fiilloit nteessairëment {prder; de tontes lesquelles choses il settibloit qa*elle n'enst point de cognoissdnce , oli que si elle Tavoit , elle là dissimûloit sans tôuiesfois s^appercevoir du liial que cela apt>orteroit à ses affaires: ce qtills esU)ient tehus îny appertement reftottstret* et ramentevoir , à fin que la coulpe n^en fu^t rejetëe , comme tousjouts elle serolt , sur le mareschal. Luy, s'accommodant à leiMr opinion , depéscha vers le roy le secrétaire Plancy, avec un estât abrégé des deniers réceus et despendus, par lequel il apparoissoit que pour septembre, premier mois dé la guerre , il n*y avoit eu que sept mil huict cens Vingt payes; pour octobre, otiKè mil cent vingt-sept ; et pour novembre , Ifes sit compagnies italiennes susdiclcs comprimes , douze mil quatre cens dix-liuict tant seulement; le tout sous vingt-quatre enseignes de Bdnnivet , sept de Chastillon , et cinq du siéur de Stroùy, remises sus au lieu de celles (|tai avoient esté envoyées à Parme. ' Qui eicttUderera maintenant la différence qtt*il y a toujours des payes an nombre veritl&blë des Hommes , trouvera qùe]toute ceste forbé pouvôit à peine estre bastante pour raisonnablement fournir douze grandes forteresses et vingt-deut chasteaux , tous enlrememlâi parmi les places ennemies. Ces forces estoient bien différentes de celles que le roy elslimolt monter à dix-huict mil hommes , lesquiels si le mareschal eust eu en main , il ne se fbst arresté en si beau chemin , et moins encores amusé à importuner Sa Majesté de nouveau ïrenibrt.
Plancy donna tel esclaircissement'à Sa Majesté sur tontes choses , que la vérité , qui avoit jiisques h lors esté couverte de passions et de nuages , commença à se monstrcr toute claire ; ce qui donna tel courage au roy, qu*il trouva ibrt bon que les Italiens eussent esté retenus, promettant de les faire payer comme les autres , de faire haster la levée des Suisses, et d*augmentcr ce renfort de quelque gendarmerie et fanterie françoise.
î U tnareschal fit aussi entendre au roy que
Ludovic de Birague avoit dÀs le U db IMii deffaict une enseigne d'Eqpagnok ilatii^ qui s'estoient venus nicher dans SoirS , peÉë bourgade du Montferrat, en estàns ttorti sur la place jusques à quatre-vingts, et M autres faicts prisonniers; et que Carie, sdi frère, avoit de la mesme course ùéBùi aussi à Vestigue, au dessous de Masia, soixante soldats de la compagnie du frM du sieur de Masin, suppliant Sa ItàjesU qu'ayant 'considération à leur valeur et atil bons et fidelles services , tant d^eux que da président Birague , qui luy servoit de conseil pour la justice , et de très-advisé et resoU capitaine pour la guerre, il leur voulust fiûrt quelque bien et honneur, n*ayans, à catti que leurs biens estoient confisqués à Miba, autre moyen de vivre ^e de celuy de lenrt estats et appoinctemens. La vertu fut hmée, et la rcscompense assignée sur les fallaciatses moissons de Vesperance.
Par la déduction des remonstrances hkM par le mareschal à ceux du conseil, et pÉt ce dont Plancy fut châtié , comme enèorel par les résolutions que le roy print là delsus , il sera aisé à remarquer avec quel désordre et obscurité les affaires estoient iti* niés , et combien cela fit perdre dé téÊjfà et de belles occasions au mareschal pouMI prospérité de Testât , les affaires duquel Ék doivent jamais estrc déguisés au maistre, tt moins estre remis au lendemain , si on en vnt avoir honneur et en recueillir fruicls qui soyot considérables. Il y en a bien encore pis : t'ttk que ceux qui cognoisscnt ces fautes et lAabdies, et qui y ont inlercst , tel qu'avoit le mareschal , sont le plus souvent contraincls, malgré qu'ils en ayent , de patienter et dis»mii- 1er, demeurans exposés à la discrétion, bite souvent trop indiscrette , des grands qui ont le maniement près du maistre , la pluspait desquels assouvissent leurs passions aux despcns de son service et réputation, le rangeant, s'il n'est bien advisé , à tel poinct, qu'il met le pied sur la gorge à celuy qu'il devoii le plus honorer. Le mareschal recommanda aussi à Sa Majesté la grande verto, valeur et affection des seigneurs de Nemours, d'Aumalle , de BonnivetetGonnort, en toutes sortes d'affaires , la suppliant en vouloir fdre