‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 60 sur 224 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

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umale, de MoDrmorency, de Gonnort, Bonnivet, président Biragfue, d*Ossun, drin , Montluc , Francisque Bernardin , et «s principaux ministres , leur tenant à ces ce propos :

^'(^us avez cy devant vea , messieurs , que of nous avoit estimés accompagnés de 8 forces y que nous avions non seulement loy nous conserver , mais conjoinctement i de porter quelque dommage à nos voi- ; voas vous souvenez bien aussi de la re- Or^nce au contraire que nous luy fismes Pbflcy , et que Sa Majesté , mieux esclairle la vérité qu'elle n'estoit lors , a mainitprisresolution de nous renforcer; mais, e qu'il pourroit sembler à quelqu'un de nignons de cour que nous ne sçaurions is bien disner si nous n'avions nappe cbe et abondance de vin frais et de toutes ji de viandes y je voudrois bien ( tandis h mémoire est encores toute récente de ft impuissance ) que nous entreprinsions (06 chose qui leur fist cognoistre que sçavons servir nostre maistre autant avec «tiis qu'avec les grands moyens , et sans Ktion de saisoa , contrariété de laquelle In Dostre gloire doublement glorieuse.

siosi y s'il y a quelqu'un d'entre vous qui

0 main quelque chose propre pour ce Je le supplie de le proposer : et de ma , pour y coounencer , je vous diray que esidentde Birague et moy avons ces jours ùct recognoistre la citadelle de Lanz et âsieaude Viu , et trouvé que , les assaiU tWerneuty l'entreprinse pourroit estre te auparavant que l'ennemi se peust assempour venir au secours , ainsi que je vous lin)' maintenant.

la forteresse est assise sur le sommet ^montagrîe , n ayant autre commode ad* ; que celle qui est par le dedans de la et encor tant estroite qu'il n'y a place tour loger quatre pièces ; tout je reste

1 pente fort roide et assez mal-aisée à icher. La confiance de ce a faict que Tenue s'est gueres soucié de la fortifier de sté là , et toutesfois nous trouvons que i bas de la vallée on peut dresser la batei la faire telle , que le soldat pourra ,

hors d'offense , en trois lialenées , monter la montagne et gaigner le pied de la bresche , et y à la faveur de TartiHerie , donner dedans ; que le semblable se peut aussi faire en mes^ me temps du costé de la ville , avec espérance que y là où il adviendroit que la chose se trouvast plus rude ou plus difficile que nous n'espérons pas , que vostre vertu , valeur et dévotion, esprouvée en plus grandes choses^ sera celle qui la surmontera ; à quoy faire , s'il vous plaist , vous m'aurez pour compagnon et pour coadjuteur. Ce sera maintenant à vous 9 messieurs , à bien considérer , non seulement les facilités et les impossibilités de l'entreprinse , mais aussi celles que l'ennemi nous y peut apporter , et duquel , comme vous sçavez trop mieux , il faut tousjours faire le compte plus advantageux qu'il n'est pas » à fin d'estre moins exposés aux injures et aux inconveniens. Gela foict , nous attaquerons ce qui sera le plus facile , le plus nécessaire et le moins ha^rdeux : de mesme suitte nous emporterons aussi , ayans ainsi nettoyé , le chaisteau de Viu ,qaî est une place située par^ my des ours et des précipices inacessibles » et auquel la valée de Lanz va aboutir , pour tirer contre le Montdevis et la Novaloise qui en fait le pied. » i

Ces seigneurs, qui sçavoient que le mareschai n'entreprenoit jamais semblables jeux s'il ne se voyoit en main de quoy gaigner la partie , trouvèrent tous fort bonne l'entreprinse de Lanz, promettans de ne rien espargner de leiur part pour en avoir l'heureuse fin, que; dès maintenant ils se promettoient par sa prudente conduicte.

^ Ayant par ce moyen l'entreprinse de Lanz et de Viu esté résolues , le mareschal , le dixbuictiesme du mois , assembla de toutes les garnisons jusqu'à cinq mil François et douze cens Italiens , et environ douze cens chevaux^ donnant charge au sieur Francisque Bernardin de se mettre devant avec deux cens chevaux et quatre cens arquebusiers , pour aller gaigner la ville et l'advenue du chasteau , pendant que le reste de l'armée le suivroit avec dix canons et deux coulevrines. Cette petite troupe avec le conducteur fit si bien , qu'elle se rendit maistresse de la ville , mettant par les chemins en pièces quarante ou

MÉMOmES DE BOYVIN DU VILLARS.

par dessus ; comme aussi parce qu il n'y avoît lors forces suffisantes pour empescher ou donner sur la queue à une telle irouppe ; de manière qu'il s^amusa à faire faire garde le long des rivières , et à rompre les glaces et les gués , au lieu de donner quelque faveur à ceux de Lanz. Et toutes- fois voulant en fin entendre à Tun et à Tautre , il assembla dans Yvrée environ douze cens chevaux, et de quatre à cinq mil hommes de pied , partie desquels il bailla au marquis de Pescairc , prince fort brave et ad visé, luv commandant de s'approcher avec ces forces pour donner faveur aux assiégés, et essayer de jeter dedans deux ou trois cens Espagnols, et de faire tout ce que l'occasion luy offriroit, sans toutes-fois s'engager si avant que la retraicte ne fust tousjours en sa liberté ; ne pouvant croire , quant à luy, que là| où les François auroient à bon escient assailly ceste place , qu'elle fust pour estre si tost perdue qu'elle fut , mesme faisant approcher ces forces de nous. Que là où par le contraire il trouveroit que les François voulussent entreprendre ce voyage qu'il craignoit , qu'il se mist à leur queue , lui en donnant advis de si bonne heure qu'il leur peust gaigner le devant au passage de la Doyre , et là les combattre des deux costés avec leur advantage. Le mareschal , faisant aussi de son costé le conq>te de son Toisin , avoit jugé que Tennemi se mettroit en devoir de le venir travailler on combattre , et qu'il estoit necesaire pour ne tomber en cet inconvénient , de jetter gens de tous cos* tés , pour d*heure à autre estre adverti des remuemens et progrès de l'ennemi , pour s'opposer auxquels il donna en tout événement cet ordre : Premièrement il commanda au sieur Francisque Bernardin de demeurer à Lanz, avec cinquante chevaux et trois cens arquebusiers, pour faire diligenunent retirer toute l'artillerie dans le chasteau , fors les deux coule vrines qu'il vouloit mener avec luy, et que , cela fait, il le suivist avec sa trouppe du costé de Rivarol , où il se vouloit acheminer.

Après il commanda au duc d'Aumale de monter à cheval avec toute la cavalerie , qui pouvoît arriver à douze cens chevaux , et de s'advancer avec douze cens arquebusiers

pour aller gaigner le logis de Sainct G«orei^ où il se rendroit bien tost après lay,aa(mei commanda se bien garder de combattre , que occasion que l'ennemi luy en peust comme peut-estre il feroit, ne voulant de part rien commettre an hasard da coi ores qu'il fist contenance du conu^jd* tant que de la conservation de ceste force dépendoit non seulement la rê conqueste de Lanz ^ mais aussi celle de le Piedmont : estimant que quand les seroient arrivés , lesquels il attendoilde) à autre, il n'auroit lors faute d'occasions ce faire , et avec jeu plus asseuré qu'il pouvoit lors.

Marchant leduc d'Âumale pour aller ce loçis, ses avant-coureurs, conduits pv^ sieur d'Ygié , lieutenant de M. de Ma son père , rencontrèrent .vingt-cinq cl des ennemis, quis'estoient advancésaussi prendre langue , lesquels , sans leur d loisir de se recognoistre, il chargeas! ?iv qu'il les emporta en demeurant six sor^ et huict de prisonniers , qui furent so menés au duc d'Aumale , par lesquels il que les ennemis estoient logés à Rivarol qu'ils les avoient laissés prests à monter à y^X , les ayant dépeschés pour venir ter si l'artillerie tiroit encores à Lau, quels termes nous estions pour s'adnoarj retirer selon ce qu'ils aprendroyent ; ^itf Ferrand, avec le reste de ses forcei^é£Éle long de la Doyre , à l'endroit de liiMe, lieu où elle est le plusgaéyable,nt|Qv nous combattre si nous nous advandoB k ce costé-là, ou repasser de deçà etsemrjiN^ dre au marquis , selon l'advis qn'il loy èsr neroit de nostre contenance et delibmih. Soudain le duc d'Aumale fit entendre le m au mareschal, luy mandant qu'estanslfôet nemis si prochains de luy , qu'il n atteoiii l'heure de les avoir sur les bras, qnH» tiendroit en bataille hors le village y en ■ assiette assez forte qn*il^avoit choisie povi attendre l'armée. Ces nouvelles receo^, ii mareschal s'advança tout aussi tost avec Me la gendarmerie , qui estoit de trois i qnffie cens autres chevaux, accompagné desdi0 de Nemours, de Montmorency et sieori Gonnort , commanda au mesmc instant à ii»

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