‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 61 sur 224 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

tfes

jibazîn , députés par monseigftjeur le raacli:il de Brîssac , gotivernottr et lieutenant i^jl pour le roy en Italie , d'une pari ; et sieur Jacques de Provance , capitaine et QTrrnour du clidsteau de Lanz, pour Temivar et prince de Piedmont , d'autre ; sur rfdJition de ladicie place et forteresse es JAS dudict sieur mareschal , auquel lesdicts irs feront sî{jner et rdliffier le tout. Que dès ce jourd'huy 20 janvier 1552', ieur Jacques Provance remettra la place nains de ccluy que M. le mareschal de sac, gouverneur , et lieutenant gênerai r le roy en Italie , ordonnera , aviec toute [illerie et munitions , lesquelles demeuret en sa puissance.

Qu il sera permis audict Provance de se rer avec tous ses soldats , officiera et sernrs , en tel ettdi:x)lt qu'il voudra de la juciion impériale , avec leurs armes , cheî el baplige , enseigne plôyée et tàbouriû

fCl't.

Quils seront conduicls par un IVbtnpelte îcl sieur maresthal , lequel sera tenu de

• faire rournfr par lés habitans de ta ville rettes el b'esies dé voitiires , poiir porter f4ictsbn{jaîges, eu payant raisonnablement. (jrilsera cy Ap^éS pefmisaUdictPi'ovance poovoir faire exiger et recou>ter par Turt sessenîleurs, ^auquel à ces fins sera lé saaf-condufci , plusieurs sommes de iersqui luy sôat dueus en divers ehdroicts a vallée de Lanz , et que là où il s'y trou- Mi (If la dltBciilté , ledîct sieur de Brîslay fera , Rors toute Forme ou figure de K.ès, administrer sommaire justice.

Quêtes soldats blessés, et qui né s'en TTom aller, seronlmise A quelque maison 3 W/!e pour se faire panser , él aprè§ s' eh

• sans empeÈ'chcmeni où hùû leur sem- LFaict le vîngt-buîc'licsme janvier, mil cens cînquanle-dou*.

^igné VlltfBRCAT, MONTBAZIN, PROVANGB,

BOYVIN. •

pendant ^tte fennetn! se mettoît en iraiii sortir, je portay tadnsftrer ceste cjqpîtui au mafescfiàl , ïeqtfel Vayant eue pour ablefitmettre an dessous; ^

« Monsieur le mareschal ayant vcu et coû- » sidéré les articles cy dessus , préférant cle- » mcnce et douceur à loUte rigueur de guerre, » les a acceptés , fet promis observer le coti- » teUu en iccux. Signé BnissAC. «

Dès Taprès-disnée les ennemis , au nombre de cent cinquante , quittèrent h place et se retirèrent à Vulpian. Le capitaine Breul ^ lieutenant de Salcede , fut mis dedans avec cent hommes de sa compagnie, et Nicole Bonnet, ingénieur, pour faire remparerlesbrësches, et accoustrer les flancs mieux quils n'estoient pas. A ce qui fut recognu ( estant là place nostre), les bresches n'estoient si raisonnables , ne tant malaisées & remparer , que Tennemi ne Teust peu combattre encores huict ou dix jt)urs , pendant lesquels il eust peu estre Recouru ; n'e^tans leurs ganûsons tant esloignééâ les uties des autires , que dans ce tennis ils m'ien eus^etat bien peu tirer nom* bre Suffisant podr ce faite. Mais la soudaine et iiiopinée isurprin^è leur fit tr'oik'e et douter , comme elte ïiatct ordinlairement aux hommes, beaucoup pltts qu'ils ne doivent. En toute cefste faction il ne s^y perdit personne de marque que le siétilr de Mels, gentilhomme auvergnat, àv'ec tfotize 'ou quiUze soldats , et tm tanottielr ; ayant dnrattt tout de temps foict Un si extrèshie froid et tk^îge, qfn'il n*'estô?t possible de jpfùs. Le c^asteau dé Vin , ayant ouy fa teddîttoU de Lauz , 'se îrendît anssi.

Ayant domp iFet^raud cU n'ouvelle que le mareschal s^^estoit m?s en (â^mpaj^t^ pour aller jt Lnni; , il estima , comYtte àa'gè'et rusé capitaine n^Ue SI estoit , h ce qnlé luy-mesme donfessa depuis , que les Francoîs n^aVoîent pas tant d'envié d'assiéger Lafti (JuTIs *éh Wsofent la contenance , et que ce n*e^tOit qu'Use amorce expressément aprestée poùY Tamûser de ce costé là , 5 fin de faire tout en Un coti'p tourner teste vers là Dôyre-BalKe à sept oU huict cens chevaux , ayans chacun un arquebusier en crouppe , poui» se rendre , traversant la duché de Milan , en sept ou huict jours à Parme. Ce qu'il jugeoit lors très-aisé de faire , tant parce que les eaux estoient fort basses et par ainsi gayablés de tous costés ,

on si rudement glacées rp^oû pouvoit pas&er

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS

p ar dessus ; comme aussi parce qu'il n'y avoit lors forces suffisantes pour empescher ou donner sur la queue à une telle urouppe ; de manière qu'il s'amusa à faire foire garde le long des rivières , et à rompre les glaces et les gués, au lieu de donner quelque faveur à ceux de Lanz. Et toutes- fois voulant en fin entendre à l'un et à l'autre , il assembla dans Yvrée environ douze cens chevaux, et de quatre à ciiq mil hommes de pied , partie desquels il bailla au marquis de Pescaire , prince fort brave et advisé, luv commandant de s'approcher avec ces forces pour donner faveur aux assiégés, et essayer de jeter dedans deux ou trois cens Espagnols, et de faire tout ce que Toccasion luy offriroit, sans toutes-fois s'engager si avant que la retraicte ne fust-tousjours en sa liberté; ne pouvant croire, quant à luy, que là|ott les François anroient à bon escient assailly ceste place , qu'elle fust pour estre si tost perdue qu'elle fut, mesme faisant approcher ces forces de nous. Que là où par le contraire il trouveroit que les François voulussent entreprendre ce voyage qu'il craignoit , qu'il se mist à leur queue , lui en donnant advis de si bonne heure qu'il leur peust gaigner le devant au passage de la Doyre , et là les combattre des deux costés avec leur advantage. Le mareschal , faisant aussi de son costé le conq>te de son Toisin , avoit jugé que l'ennemi se mettroit en devoir de le venir travailler on combattre , et qu'il estoit necesaire pour ne tomber en cet inconvénient , de jetter gens de tous costés , pour d'heure à autre estre adverti des remuemens et progrès de l'ennemi , pour •'•pposer auxquels il donna en tout événement cet ordre : Premièrement il commanda au sieur Francisque Bernardin de demeurer à Lanz, avec cinquante chevaux et trois cens arquebusiers, pour faire diligemment retirer toute rartillerie dans le chasteau , fors les deuxcoulevrines qu'il vouloit mener avec luy, et que , cela fait, U le suivist avec sa trouppe du costé de Rivarol , où il se vouloit acheminer.

Après il commanda au duc d*Aumale de monter à cheval avec toute la cavalerie , qui pouvoit arriver à douze cens chevaux , et de s'advancer avec douze cens arquebusiers

pour aller gaigner le logis de Sainct Geoi^e , où il se rendroit bien tost après luy, auquelU commanda se bien garder de combattre , quelque occasion que l'ennemi luy en peust d<Hmer, comme peut-estre il feroit , ne voulant da sa part rien commettre au hasard du combat, ores qu'il fist contenance du contraire; d'autant que de la conservation de ceste petite force dépendoit non seulement la récente conqueste de Lanz , mais aussi celle de tout le Piedmont : estimant que quand les Saisies seroient arrives , lesquels il attendoitdejoor à autre, iln'auroit lors faute d'occmdonsponr ce faire , et avec jeu plus asseuré qn'Û ne pouvoit lors. I

Marchant leducd'Aumalepourallergaigner 1 ce lo^, ses avant-coureurs, conduits par le 1 sieur d'Ygié , lieutenant de M. de Maugeroa I son père , rencontrèrent .vingt-cinq chevaux 1 des ennemis, quis'estoient advancés aussi pour prendre langue , lesquels , sans leur donner loisir de se recognoistre, il chargeasi vivement qu'il les emporta en demeurant six snr^ jdace et huict de prisonniers , qui furent soudain menés au duc d' Aumale , par lesquels il aprint que les ennemis estoient logés à Rivarol , et qu'ils les avoient laissés prests à monter à clivai , les ayant dépeschés pour venir esconter si l'artillerie tiroit encores à Lanz, et en quels termes nous estions pour s^advanceron retirer selon ce qu'ils aprendroy eut; que doop Ferrand, avec le reste de ses forces, étoitk long de la Doyre, à l'endroit de Riveronie, lieu où elle est le plus guéyable , soit pour nous combattre si nous nous advancions de ce costé-là, ou repasser de deçà et se venirjoindre au marquis , selon l'advis qu^il luy donneroit de nostre contenance et délibération. Soudain le duc d' Aumale fit entendre le tout au mareschal , luy mandant qu'estans les ennemis si prochains de luy , qu'il n'attendoit l'heure de les avoir sur les bras , qu^il se tiendroit en bataille hors le village , en une assiette assez forte qu'il^avoit choisie pour y attendre l'armée. Ces nouvelles receues, le mareschal s'advança tout aussi tost avec tonte la gendarmerie , qui estoit de trois à quatre cens autres chevaux , accompagné des ducs de Nemours , de Montmorency et sieur de Gonnort , commanda au mesmc instant à Bon*

LTVRL' TROÎSIEHI:.

•c marchorVarniéc au {;r;m(l pas, stouiesfoislesmoitrcLorsd'lialelnc.M:iis, ndaia que les gens de guerre onicndircnl B l'eimemi esioil eu camp:»gne, ils furent uns d'une si grande ardeur dp combattre , fil les voir marcher vous eussiez dict qu'il y avoil celuyd'eux aur|uel la bonne voloDié éttst chaussé des aisics très - tc{;eres , et l'il ne linst desjù h victoire toute certaine l sa main. Ccpendaal le uiarcschal s'estoit ict au duc d'Aumale , lequel il trouva si miinodeinent logé , qu'il ne remua rien de ordonnance, mais seulement fict jetter au Bg des haycs cl fossés , dont il n'y a ('bamp l ce pays-là qui ne soit enviruiiué , deu\ s arquebusiers à cheval , qu'il avoit choi< I parmy les irouppes cl menés avec luy , à I d'en estre favorisé si l'ennemi s'advançoit ndis que les autres arriveraient. On demeura 1 cest estât jnsqucs à temps que Bounivet TÏvast , comme il fit sur l'annuicicmcnt ; de ftniere que , tes ennemis n'estant point com- , il commanda de faire l'assiette du ris , et que chacun s'allas reposer pour destT devant le jour , et les aller trouver , lat de longue main apprinst que la célérité mesnagée au faict de la gueriTc donnoit Bsjoars de grands avantages ù ses amou-

^yint le marquis de Pescaire sceu , tant attcons des avant-coureurs qui s'cstoient fél de la defaieie de leurs compagnons pgr autres , la prinse de Lanz , et la ide diligence que (àisoit le marcselial rfe venir trouver, et craignant de l'avoir .Map sur les bras, qu'il fust contraint de iMtire auparavant que domp Ferrand se .'JÛnct 3 luy, il délibéra de faire la OW Blûct sa reiraictc , et , pour la rendre 1 secrette et plus favorable , d'envoyer , ime il fit, sur la minuit cent ou six vings donner l'alarme à noslre armée. Cette H^pe , laquelle esloit conduicle par domp o de Sande , maisirc de camp de ta fanespagnolle, brave et advisé soldat, et 'a {^>u\erneur du chasteau de Milan , ; approché nostro logis, donna l'alarme diande par deu\ divers endroicts , qu'il "j nn tel desoriire et eiïroy panny les qui estoieiil encores sur leur pre-

mier sommeil, las ei abattus da Irava joiu' précèdent , que , si le mareschui et les autres priticipauK capitaines , qui avoient reposé avec la botte et le corps de cuirasse , ne j fussent soudain montés à cheval , suyvis ds j Bonnivct qui avoit ramassé une Irouppe d'arquebusiers, il estoît à craindre qu'il n'advînt 1 quelijue grand desordre. Cependant GOnndrt ' d'un coslé et Biron de l'autre s'avancèrent aussi avec quelque nombre de chevaux et d'arquebusiers , pour reeognoistrc que c toit , et soustenir le premier effort. Par l'en- 1 droit où Gonnort s'adressa , il ne trouva plils | personne ; si fit bien le sieur de Biron quelques chevaux , qu'il se mit à suyvre bride ea I main , craiguanl de donner dans quelque uou-f vellc embuscade , cl enfin , leur voyant faire 1 contenance de gens qui avoient envie de se 1 retirer, il fil advancer dix ou douze chevaux i pour prendre langue. Ceu\-cy attrapèrent a cheval léger espagnol qui avoit stm cheval' j blessé , par lequel on entendit la ruse et lu I retraicle des ennemis des-jù tant advancée , i qu'il seroil mal-aisé de les attrapper. En cesie alarme et desordre il y eut six ou sf^pl des i noslres assez mal traictés.

Ayant le maresclial heureusement para- j chevé son voyage, et voyant le nnemy retiré, les ^oidures et glaces insupportables continuer, il délibéra de renvoyer chacun aux ' garnisons ; et luy et les autres chefs se rctrrerent à Thurin , donnant advis au roy, par ' Brîquemaul, de tout ce qui avoil esté faict, et tout de mesme, tant au cardinal de Tournon qu'aux ambassadeurs que Sa Majesté avoit de tous costés. Durant que ces seigneurs se rafraichissoienl à Thurin, ils eurent le vent q«e le roy faisoit grands préparatifs pour faire sur le printemps un voyage du coslé da Rhin. Geste nouvelle les invita à prendra i congé du mareschal pour s'en retourner trouver Sa Majesté, laquelle, aurapportdumares- | chai , fil cognoislre à chacun d'eux combien elle leur sçavoit de gré des services rendus en Piedmont.

Au commencement de février le mareschal fut adverly que l'eunemy, suspendant lo voyage du marquisat de Salluces , ri-devunt discouru, avoil délibéré . n'ayant au-d>'i,;j.l la Doyre-Bulto autre placo que Vulp'mi , •'

MÉMOIRES DE BOYVIN DU YILLÀ&S.

fortifier Rivarol OB Fàvria, pour seconder Jedict Vulpian ; qa*il prenoit ce chemin avec quatre ou cinq mil hommes de pied et douze cens dienox. Hais luy, qui craignoit que ce ne fust plustost pour aller reprendre l<ani , les brescbes duquel^ à causf) des froidures^ n'ayoieiif encores ^té bien repérées , y en- TQya renfinrt de trois cens arquebusiers et auti^ forces , pour ramener à Thurin TartiUerie qu*il avoit laissée. Luy cependant! pour repognoistre de plus près ^ contenance des Inpennux , et selon cela prendre partT, s'en alb à Chivas lavec quelque trouppe qe cayalene , et de là il dépesçba d* Ygiét pour aller recognoîstre et apprendre quelque chose de la délibération de domp Ferr^nd, qui estoit logé àFama, et le marquis de Pescaire UTec les Italiens et les lansquenets à Yisque.

Ayant d'Ygié prins cette routte , il marcha sur raube du jour à Yisque , on il trouva les ennemis sans sentinelle, et en tel desordre , que s*il eust eu seulement trois cens chevaux et autant d*arquebusiers , il les eust aisément emportés* Il ne laissa toutesfois pour cela de les pincer si rudement et de si près , qu'il en terrassa quarante ou cinquante , et print un enseigne prisonnier , auparavant que Talarme fust à bon escient dans le camp, et que la cavalerie fust preste pour luy fisire teste, comme elle fit soudain , sans toutesfois oser renfoncer , estimant que toute nostre armée estoit là ; de manière qu'il se retira tout à son aise avec son prisonnier à Chivas. Par ce prisonnier on apprint qu'ayant les ennemis trouvés ces l^eux mal fortifiés sans grande longueur de temps et despence , ils avoient délibéré de se retirer dès le lendemain aux gami^ns , à cause que Thy ver devenoit tous les jours plus aspre et plus rigoureux , comme il est quasi ordinairement en Piedmont : et plus qu'en lieu ou j*aye jamais esté. Et de foict , j'ay veu demeurer la neige, presque cinq mois sur la terre , de la hauteur de trois pieds : c'est ce qui contrainct les habitans de la plaine d'enterrer les vignes que ils appellent haultins durant Thy ver.

Vous avez cy-devant veu que les nouvelles forces que l'empereur avoit faia venir d'Allemagne estoient tournées du costé de Parme,

avec intention d*ç9tre employées ca quelque ( mesans plus disposé à la deffcndre. ^

notable exécution que Le Medeqnin avoit en main. Certainement il avoit une inteUigenoe dans la ville tant aisée à réussir , que si Dien n'y eust miraculeusement pourveu , h guerre estoit achevée de ce costé là. Je n'ay jugé impertinent de toucher icy up mot eii passant de ceste entreprinse, ores qp^ellQ Qe soit du gibbier piedmontois.

Il y i|voit dans Parme un certain oofiMe nommé Jean Galeas de Salle, et un 9Qtre gentil-homme nommé Taglefer , qui avoiett convenu avec Le Hedeq^in de recevoir si leurs maisons certain nombre de 9pldat| qu'il leur envoyeroit , vestus en contadim » pQ^ tans sur le col un sac de sel 0|i de bled, ei les tenir de main en main cacl)és jusqoes i tant que chacun d*eux eu eust retiré treofe en sa maison. Cela foiçt, l'énneuii ' devoif, deux heures devant le jour , venir donner m escalade à la ville par quatre divers endroitt, et lors , l'alarme estant grande , chacnif doi traistres devoit sortir avec sa troupe ifii auroit armée , et courir à un certain euflnûct de la muraille , feignans la vouloir secourir et deflendre ; et lors ils donneroient tout es un coup sur ceux qu'ils irouveroiient k b garde , et les autres mettroient l'ennemi dedans. Mais Dieu , qui se mesloit plus av0 des afiaires du roy que de ceux de ses enas* mis , mit en teste à ceux-cy de tascher d'attirer aussi quelques-uns des cheBs de la vijk à leur cordelle, l'un desquels, feignant trouver bon d'y entendre , descouvrit tOfUp \k menée , et puis la vint soudain déclarer lu duc Octave et à de Termes ; lesquels, craignans que la dissimulation ou retardement n'apportassent quelque inconvénient , firent soudain prendre au collet ces deux personnages , qui eurent la teste tranchée le 3 février , après avoir confessé leur crime. Les soldats qu'ils avoient attirés furept , jusques au nombre de cinquante ; prins et encbaisoés pournravailler aux fortifications. Les traistres avoient environ trois mil escus de rente , desquels le duc , monstrant une singulière bonté et libéralité , ne voulut jamais prendre un seul denier , ains en fit don à leurs plus proches parens, rendant par ce moyen sa domination plus agréable , et chacun des ,Far

iS2]

Cnfiron ce temps ceax de la Mirandole fiai entendre qu'ils avoicnt cncores des bleds iiu' buicl mois, ne retenons les bouches iiiles,ctqae voulons foire sortir YoUoi», lils dcpeschoient vers le roy pour rendre ifticulier compte à Sa Majesté de Testotde rhce , ils avoient dressé une escurmouche , idie avoit esté si bien conduicte qu ils leaidellaictsix ou sept vingts des ennei, au secours desquels estant accouru en ^Dûe Ascagne de lia Corne, neveu du te, soo cheval avoit esté tué sous luy, qui t conduicte d'un seul œil , et par la force bonnes jafflt)es, et d'une trouppe d'arquéiers qui le suivoit , s'estoit en fin sauvé, «grand et rude hyver ne permettant, unejaydit, au mareschal de rien entre- Qdre,il renvoya hyverner aux garnisons compagnies de gendarmerie des seigneurs Ile de Tende, de Maugeron , de Tavannes, La Fayette , de La Hunaudaye , de Vassé, jides et la sienne; et seilibbiblement jES des cbe vaux 1 egers , des seigneurs Fran- De Bernardin de Vimercat^ la Motteé'm SainctChaumonty du Peloux, dOs- , >icomte de Gourdon], et Theode de Bepie Albanois, et de La Curée , qui estoient deToient au moins estre de cent chevaux me, et cinquante sous le sieur Uieros- (le Birague.

â somme , il ne réserva rien pour la camoe, renvoyant le tout aux garnisons , tant ilarmerie que fanterie, pour, après que grands neiges et froidures seroient pos- », les en tirer plus frais et mieux appoinctés ils D*estoient pour lors , à l'occasion des ^ travaux précédemment supportés, iyaoïdomp Ferrand foilly, comme vous i veu, à toutes ses entreprinses , et ne sçait à quoy se prendi*e pour avoir sa i*elie qu il avoit fort ù cœur , il résolut , otnos forces départies par les garnisons, m Lnisler et ruyncr toute la campagne, per arbres, vignes, et faire au demeutout du pis qu'il pourroit , pour réduire ivres à telle nécessité qu'il les fallust venir de France , et consequemment enper les affaires du roy en grandes diflij et d ;>ences. Ayant le mareschal esté ty deceste délibération, laquelle, comme

Page 1