‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 7 sur 224 · BIOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIQUES

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UtoiéeDoo moins 'aysément se conduîct aux deybenlMM précipitées par desesj^oir , que le téméraire

TMlaiiai qne les grands arbres , qui demeurent lon> {MBat à croisire , sont en un seul moment renversés cl dwracinès par nn petit tourbillon , tout de mesme Ciaé1ie■^iI aossi des estais injustement maniés.

Anfûcts et cnlreprittses de Testât il ne faut jamais, Hilcikîen, soit en mal, faire les choses à demy, «BilBoies ailîeresy 0*7 ayant point de milieu, ;ains hsesle leste et les pieds; autrement elles apportent tMjisn pJBstost myne que conser? ation : le connestéie de Saint-Paul et Byron en sçauroient bien que

raiitinîstratton de Testât se doit exercer comme ne talclle d^orpfielins , qui est baillée , non pas pour le praflit du tuteur , mais bien pour celuy de ceux qui «Ht cité commis à sa tutelle.

As fait et goaTemement de Testât, il ne faut jamais

Miriger les grandes fautes par le menu , car cela ne

«rt Boo plus que de couper la teste de Tbidre , pour

ne desquelles il en revient sept autres. Il ne faut

bisMT prendre pied aux maladies de Testât , ains soudais, sans respect ou connivence, les desraciner de

Umk points. Si la France Teust ainsi pratiqué , les trou-

Ues, tant de Ibis et tant sanguinairement renouvelés,

le Tenssent redoicte an misérable estât où elle est

wjsonriioT.

Oy a des gens qui surpassent tout le monde en anf d qei néantaKHOs , ali faict et au prendre des et des affaires, sont les plus débiles et les |i» riaiiilifs et k» pins irresolui.

La cupidité insatiable des mauvais est mal-aisée à contenir , comme est aussi celle des bons qui désirent et courent après les choses grandes qu'ils ne peuvent obtenir ; et de là résulte le dcspit.et le nialconteatement contre le prince , qui n'y a toutesfois coulpe , mesurant comme s'il faict toutes choses par Thonnestc, et eux au contraire.

Celuy qni veut seigneurier doit avoir un cœur intrépide h toutes sortes de fortunes et d'accidens.

Il est mal-aisé , disoit Annibal , de vaincre son ennemi , si on ne le prive de la force et des moyens avec lesquels il fait teste et se maintient.

La guerre se faict ordinairement par nécessité , par ambition , par vengeance , pour acquérir ou pour secourir Tamy et allié ; mais , en quelque sorte que ce soit , il faut sur toutes choses que le prinee prenne garde à plustost enrichir qu'apauvrir son pays , à fin qu'il ayt moyen de continuer , et que la pauvreté ne réduise les sujets à la malveillance et désobéissance.

Quand un prince recognoist qu'on le veut assaillir en sa maison , ou qu'on y machine du remuement de mcsnage , nécessité commande lors de courageusement recourir aux armes et fiiife la guerre à outrance : la France en est aujourd'huy à ce point , dont Dieu lui vueille donner bonne yssue.

Les grands sont ordinairement suivis d'un tas do gens, les espérances desquels n'estans fondées sur Tbonnesleté , s'avancent neantmoinsen grâce et crédit, par faux rapports et dommage d'autruy : ce sont de ▼rayes pestes de TesUt qu'il en faut purger de bonne heure, à ce qoemesmes ils ne contaminent les antres.

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HOnCES

àlnr tat'il VmSLwmun» gtm^m s'eaéeCùi* et

vMras , si nécessité ne preMe , ctnae fil k ira Henry lY, qœ Diea absolre, pour le mareschal de

ItiltKL

Pour bien gooferner ooe prorince, il ne finit estre floject k U peine ni à la colère , parier peu , oojr et ftnlooner bcaoconp.

Les mescbans ministres , et qoi désirent pcscber en ean trouble , s'accordent toosjoors pins Tolontiers à faire la guerre , on quelque antre remuement de message , que non pas à cnltiTer la paix , ou à concordimment TÎTie , et bien serf ir le prince et Pestât.

Tout homme appelé an maniement de Testât se doit iomicob ^ne les oSenoes engendrent la pear , que la peur cerche la deffence , et que pour la deffence on attire k soj des partisans , dont finablement succède desordre et confusion en Testât.

H Ciut an maniement de Pestât avoir de bons amis «t de mdes ennemis ; Tun noos ajde et soulage ; et Vautre nous guette de si prés , que nous n^otons broncher ny nous émanciper.

Les affaires de la guerre s'atmcent pins en obéimant ftlix'chefs qu^en s^enquêrant de leurs desseins.

' LesmalwamstneeètéelaguemaMit wwt snifii ée ÊêmMImutni jgt f i—d|Uii,

pins lojaoi ceux qui sont les plu fOM en «ai« de pardon aux fautes legieres , et de sévérité aux grandes; garder toujours grate et néantmoins agrèaUe ■u^iestéi ajmer le plus souvent pins la r^cntaBce da soldat que la pejne i ajmer plus le saint de ramée et de restât que sa gloire particulière ; se sonnûr i|n*«i trouve tout par soing et diligence, et par le ooalraîre que tout se périt par n^igence^ avoir aiwvenanoe que les victoires servent d*amorces aux téméraires; reprendre aigrement les paresseux ; louer et avancer ceux qui vont gaiflardement en Watmg»e , en tmil que csesie forme d^lioimeur sert d^cagnlRen^ "de ctioiiatale pour mieux firire; préférer pins volosticfs ans dunrges et adaûnistrations ceux qui sont pou m point fiûHir , ^pie eimdamner ceux qui aaraol fidlljr^ eigrtlei <f ndoncir la levée des charges , rescquant les acceisoim dn lucre de ceux qui sont commis à la faire , car i^eit chose qui est toujours plus impatiemment supportée que le tribut mesnie. Que sa vertu et sa valleur ne paroisse pas tant par le bien dire comme par le gtnerenx exploit des armes; qu'ils se souvienne qne les longues deUbératioosetcundations desrdbeotlesocGa* sions de bien faire ^ qu'il doit setrir de conseiller et de guide pour exécuter Fadvis qu'il a lui-mesmes donné. Quelque glorieuse victoire qu'il obtienne , qu*il ne se laisse aller aux voluptés et délices que les netorieux embrassent tou^jours volontiers; ains qu'il se tienne tousjowB anr la garde verlaense et exemplaire. Qn'il visite ses soldats , secoure les blescés ; qn*il anime les gens de bien par honneurs et louanges , et qn^il disnmole phatast les vices qne les vertns de ses anus et des antres fni font bien. Qu*il w soavienne qne c'est plv onvageasement faict d'endurer et de eercher les lemédes aux mauvmses adventurea, qne loot à caop se perdre et faire mourir; que la grande faleor et fortune sont aucunesfois suivies de grande infortune, si la prudence et la raison ne roesnagent bien Tun et Vautre; qne rasaemrance de son oontage Mt crtre la<»8inle de Bien^laiermetéetlaonnstaBt». Le genenléoîl^ MB aentomiit hmat et watHanl .«als am déré et clément ipirfta 4i tiefeiit!. Qne le

ttCM;iUFIBQUGS.

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et

d^ Ift iktoict » c*«t et ptwTMÛr 4 point Tainim. Qo^ilit frai knleHimtf baitir» plus de plaisir aux résolutions fondées sor , qu'à obtenir Yictoire par cas

Ceax qui Tetdeat vmmmt r«sl«t attirent to»sjonip à u ligne les plus cmels et audacieux , et ceux aussi pour remédier à leur grande pauvreté , ont de mal faire , ou qui craignent la punition de

ciTiles les soldats ont plus de pouvoir que

.let ftna.de bien qui aynient le proût et le sakil en raj et du royaume , lorsqu'il s'esmeut guerre ou lilKSfdc civile , se rangent tousjours de son costé , mais l« la contraire ceux les maisons et affaires desquels ae « portent guéres bien , ou qui sont alléchés par la teee espérance du butin , se rangent volontiers du coté des rumeurs de mesnagc ; et par ainsi les bons cl ks nauvais , pour diverses occasions , demandent •savent la guerre d'une pareille affection.

Cm qmcBiraiMeide France demeurent cojssaoa Hém wtnv f« sacoorir la prince et la patrie , partic^cat an crime des perturbateurs , ne s'apercevani fm d*aiUeiirs que ce sera à leurs despens et ru} ne que b gaeire et les batailles s'achèveront.

n 1*7 a ojieaa qui se prenne sitost à la pippéc , ny plostost dans le lin, que la populace s* attache

à la aerritiide.

la meiodie plume qu'on passe devant le nez , il se laisse anssitost aller ; les théâtres , les , les îem » sooC les vrais appasts et chatouillele peuple : c'estoit ce dont les CBbeleoojent le leur.

La peuple sot large tey aptèa tel CMÏR.

Le peuple hume à longii traicis le doux aér de la licence : le desordre est sa raison; sa bouche et sa volonté sont ses lois \ il ne veut plus ou}t parler du prince , il le mcsprise , et en le mesprisant il passe de main en main au niespris de Dieu mesme^ les ligueurs abondoient en cecy.

Le peuple court tousjours d*un extrême à Faulre ^ il aime changement , il suit ceux qui le meineat \ c'est une mer qui ne s'esment jamais mus vent , un monstre à cent testes , qui se laisse emporter aux premières tempestes qu'il excite luy-mesme.

Le peuple , léger et impatient comme sont assez ordinairement les François , embrasse plus ardemment les choses qui lui sont défendues que celles qui sont pennises , et ne demaude que le changement ; et plus se]degou8te des nouveautés avec un desdain plus violent que l'affection qu'il a apportée aies embrasser.

Geste qualité ou splendeur qui se trouve parniy les humains que nous appelons noblesse , n'est autre chose qu'un bien de fortune que la vertu et hoanesKIé de Mt majeurs ont fabriqué, et qui ae perd soudain que nous déclinons de la vertu et générosité de nos ancestres.

La coustume est comme une 'royauté ; elle domine sur tout.

n n*y a rien qui anéantisse plus les lois de la cité que d'en faire trop souvent de nouvelles , et n'avoir seing de leur ^dwerfatioD.

NOTICES BIOGRAPfflQUES.

Chacuo de nous a eo foy-roefines les tbreson de contentement on de mal-contentement ^ le tonnean des biens et des maux n'est pas sur le seuil des portes de la fortune , ains en Famé de chacun de nous , selon ce qn^dle recognoit le sooTerain bienlacteur.

L*ambition est oneTîolente hydropisie qni Teut avoir tousjonrs le Terre an poing.

Il ne faut qu*one petite esponge pour elhcer tontes les fausses couleurs avec lesquelles les ambitieux desgiiisent le mal -heureux tableau de leur fie.

La convoitise de gloire est un lac sans eau , et Tame superbe un logis k larrons.

L*amour est représenté un enfant , afin de ne le cro}Te , aveugle pour ne le sn} vre , armé pour le craindre , avec des aisies versicolorées , afin de recognoistre la légèreté et la bigarrure de ses œuvres , qui sont tousjours accompagnées de regrets , de chaisnes , de flesches , de brandons , de feus , de glaces, de regrets et de plaintes.

Qui n'aime les femmes, elles le tiennent pour fol^ s'il le faict, ecervelé^ s'il les laisse, pour vil et infâme^

s'il lesfîiit, éHm le ravissent; s'il a de laTafenr, le hanrderont à tontes passades.

Pour amasser les richesses il ne faut playder ay battre contre cduy qui n'a rien , et auquel le sert souvent d'espoir et de courage.

Celny là accusera iigastemeiit Neptune , qm naiifr»gera deux fois.

Douze manières d'abus qu'il y a au monde : inique et injuste. Les sages sans bonnes œuvres. Le vieillard sans religion. L'enfant sans obéyssanoe. Le riche sans aumosne. La femme sans chasteté et pudtcité. Les seigneurs sansTertu. Le chrestien coBtenlkni et querellenx. Le pauvre orgueilleux. L'évesque avire, négligent et voluptueux. Les conununes sans loy ni dit cipline. Les peuples sans obéissance.

Il parait que da Yillars éuit encore bailli de Gex en 1618, c*est-à dire soixante-sept ans après son départ pour le Piémont.

On ne sait pas exactement Tépoqne de sa mort.

Paris, 10 juiUet 1836.

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