‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 9 sur 224 · ENFANS , NEVEUX . COUSINS · texte numérisé non relu

ENFANS , NEVEUX . COUSINS

fisciis par devoir de noslre père , pour ■ eiemples et préceptes à vous , mes parens , 90Bpar gloire , je me conoois trop ; je désire qie ces fantaisies ne soient veues que pour TM|s senrir de boussolle à suivre le chemin qm TOUS a esté tracé et éviter plusieurs malk^^n qui me sont advenus en recherchant rhoBoenr qui se doit suivre par ceux d'extrac- |îop illustre^ sans oflence de Dieu ny de sa nirie^ avec ceste o^ixime : que tous desseins iqostes non agréables à Nostre Seigneur penmeu ! Iss Grecs , les Romains , par la sou- Teaaucede leurs prédécesseurs, se sont porléi am actes généreux. Si l'histoire de ceux qui ne nous touchent accuse nos vices sans fiaterie, AOiis rendent meilleurs et plus ad visés , ■DOS iQoiistrept ce que les sages ou imprudeols Daifiinents d*aflan*es apportent de bien 9m de oial , le discours , Fexemple des parens tst d'amant plus utile qu'ils sont plus proches, ■*estaiis faits par ostentation , poussés d'un seul iostinct de profiter aux leurs. Les harangues funèbres des anciens se faisoient par leiirs eofaos, mieux informés de leurs actions )oe tous autres. Tay veu , j'ay sceu partie des fiûcts de M. de Tavannes , mon père , non eu Uwt par luyi qui , à la forme des anciens FraoçiMS , s*employoit à faire , non à dire ; si pea curieux de vanité qu'il refusoit ses mé* Mires à ceux qui vouloient ( disoient-iis ) im- Bortaliier son nom. Ses actes , ses advis con^* sidérés, se trouveront conseils d*Estat , senmee de grands capitaines, gains de batailles^

conservation de provinces, non de^pelits eflTets, dont plusieurs remplissent dos livres entiers.

Ma discrétion , la proximité m'a fait en dire plustost peu que trop , ne narrant à beaucoup près les vertus qu'il possedoit. C'est l'obligation que je luy ay, et vostre amitié qui m'a fait mettre la main à la plume ( estant les espées de repos ) , non le los que j'en espère : aussi faudroit-il pour l'obtenir des stils et des sujets de Pluiarque , de Saluste ou de Tacite , des restaurateurs ou subvertisseurs d'Ëstat , non des chefs militans sous les roys auxquels on n'ose attribuer Thonnneur des victoires qu'ils ont acquises , pour ne le faire perdre à Leurs Majestés, qui souvent dorment dans les licts , dans les armes estonnés , cependant que les capitaines commandent les armées , dont ils ont le danger, et les autres la gloire.

Si la vérité estoit bien cogncUe , les cavaliers semblables à M. de Tavannes mériteroient autant de lauriers que les Césars, pour souvent avoir esté contraincts de combattre en mesme temps les ennemis , les envieux et les opinions de leurs maistres, avec plus d'honneur que les empereurs , qui n'avoient qu'à se défendre de leurs adversaires , estoient obéys en un clin d'œil de leurs armées, amis et alliés. Les capitaines des roys sont meus, poussés et retenus des maistres, des mignons y des femmes et des calomniateurs : ils ne font un pas sans contrariété , subjels à rendre compte , en crainte de faire trop ou trop peu : c'est il eux souvent faillir que de

Page 1