‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 222 sur 432 · CHAPITRE XYIJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYIJ

Mort de M. le premier président de Bellièvre. Le nonce présente au roi la nouvelle bulle contre le livre de Jansénius.

La mort de messire Pomponne de Bellièvre, premier président du Parlement de Paris, arrivée le 13 de mars de cette année 1657, causa quelque changement à la disposition des affaires de l'Eglise et de l'État, et priva d'un puissant secours ceux qui croyaient pouvoir encore espérer quelque reste de protection du coté de la justice. Ce grand magistrat, petit fils des chanceliers de Bellièvre et de Sillery, avait soutenu la dignité de sa charge avec beaucoup de magnificence et d'éclat, tant par la considération de ses grands biens que par celle de son mérite et de son adresse dans les négociations, dont il avait donné d'illustres preuves dans ses ambassades, et particulièrement en Angleterre. Il avait été élevé à la charge de premier président dans une conjoncture de temps fort avantageuse pour tenir en quelque manière l'équilibre entre le prince et le peuple après les deux guerres de Paris, et ayant de grandes intrigues, tant avec les personnes les plus éclairées et les plus agissantes de la cour qu'avec le corps du Parlement, il avait trouvé le moyen de se rendre redoutable aux uns et aimabie aux autres. Tous les ordres de Paris lui témoignèrent l'affection et l'estime qu'ils avaient pour lui par leurs prières, leurs vœux et leurs visites dans le cours de sa maladie, et le pleurèrent après sa mort comme s'ils eussent perdu leur père et leur protecteur. Néanmoins on n'en usa pas de même à la cour, et le cardinal Mazarin, premier ministre, en res-

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