‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 261 sur 432 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Publication de la bulle d'Alexandre VII dans les prônes des messes paroissiales de Paris. Un ministre huguenot en parle avec mépris au prêche de Ghareuton.

Le dimanche 20 avril, la nouvelle bulle d'Alexandre Vil sur le sujet des cinq propositions se p ublia dans tous les prônes des messes paroissiales de Paris avec un mandement des vicaires généraux de M. le cardinal de Retz, qui était

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conçu en termes assez modérés. Mais quelques curés, qui ne voulaient pas perdre une si favorable occasion de décrier parmi le peuple ceux dont le mérite et la réputation leur étaient insupportables, étendirent cette bulle par une paraphrase calomnieuse, et déclarèrent que l'on ne pourrait à l'avenir, sans encourir l'excommunication, garder les livres qui avaient été faits sur la matière de la grâce, le pape les ayant condamnés. M. Amyot, curé de Saint-Merry, et M. ColombeL, curé de Saint-Germain-l'Auxerrois, se signalèrent entre les autres, faisant tout ce qu'ils pouvaient pour intimider leurs paroissiens, et n'oubliant rien auprès de la reine pour exciter une nouvelle persécution.

Le vicaire de SaintrNicolas du Chardonnet commit aussi de grands excès dans cette publication, car il disait d'abord qu'ayant reçu la bulle apostolique, il y avait déjà huit jours, mais un peu trop tard, on en avait différé la publication par ordre de M. le curé; que le grand saint Charles avait eu grande raison de recevoir les bulles apostoliques à genoux et en les baisant avec révérence ; puis en faisant une apostrophe adressée à J.-C, il dit : Faites, mon Seigneur que nous recevions celle-ci avec la même révérence et la soumission de saint Charles, qui est celle de tous les saints, puisqu'elle tend à étouffer le schisme et la division dans l'Eglise. Ayant ensuite lu le titre de la bulle, il ajouta que c'était la condamnation des cinq propositions tirées du livre de Cornélius Jansénius, et après en avoir fait la lecture et celle du mandement des grands vicaires, il fit les réflexions suivantes :

1. Qu'il n'y avait rien de si dangereux que le schisme et la division; qu'il fallait se conformer au pape et à l'église, ce qu'il prouva par ces paroles de l'Évangile : Omneregnum in se divisum desolabitur. Qu'il fallait fuir les interprétations subtiles qui pouvaient énerver cette bulle. Que l'Eglise était un corps qui ne subsistait que par l'union, etc.

2. Que le moyen d'éviter le schisme était de prendre garde que ces personnes sont des hommes savants, font des largesses et ont de la piété, et qu'ils fout du bien aux corps pour perdre les âmes. Il s'étendit sur la science et la bonne vie d'Origène, de Tertullien, de Novat et de quelques autres hérétiques, disant que c'est d'eux dont J.-C. a dit qu'ils sont vêtus de peaux d'agneaux et qu'au dedans ils sont des loups ravissants. Que les bulles apostoliques avaient toujours

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