CHAPITRE XVIII
Lettre de M. de Saint-Cyran sur le sujet de ces deux sermons,
Ces deux sermons firent un si grand éclat dans le monde que M. de Saint-Cyran, qui en avait appris la nouvelle dans sa prison du bois de Vincennes, se crut obligé d'en écrire à M. Arnauld pour le porter à y répondre. Et comme sa lettre est pleine du zèle de la vérité catholique, on a cru qu'elle pouvait ici trouver sa place, pour apprendre à tout le monde la profonde paix dont il jouissait après une si longue captivité. Voici ce qu'elle contenait :
« Tempus tacendi, et lempus loquendi.
« Le temps de parler est arrivé; ce serait un crime de se taire, et je ne doute nullement que Dieu ne le punîten votre personne par quelque peine visible et très sensible. Je vous ai dit souvent que je suis très lent dans les grandes et importantes affaires; mais quand le temps est arrivé, il m'est impossible de différer ou de perdre un moment pour agir sans cesse dans toute l'étendue de ma lumière et de mon pouvoir.
« Vous avez été heureux, et nous avec vous, d'avoir rencontré un si digne protecteur que Mt?r l'archevêque de... et je le pourrai un jcjur remercier de vive voix si je suis libre. 11 n'y a pas lieu de douter ni d'hésiter dans cette affaire, quand nous devrions tous périr, cl, exciter contre nous la plu- grande persécution qui ait jamais été. Nous ne devons plus laii armons sans répondre à tous les chefs en
particulier; nous ferions une grande faute au jugement de