‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 149 sur 524 · Ma. : raconter · texte numérisé non relu

Ma. : raconter

iNi MÉMOIRES DE GOD&FRÔl HERMANT

Ions les hommes sensés. Il est certaip que le silence ei la modestie que nous avons gardés jusqu'à présent nous a fait tort. Mais c'est ma coutume d'avoir longtemps patience en de semblables affaires qui regardent Dieu et l'Église, où l'on n'a pas d'autres parties que des docteurs catholiques. Nous serons plus forts et plus assistés de Dieu en ce temps que nous devons nécessairement nous défendre, si nous ne voulons passer pour les plus lâches et les plus pusillanimes de tous les hommes, en la meilleure cause qui fut jamais, et la plus digne d'y perdre la vie.

« 11 ne faut plus user de silence ni de dissimulation de peur de nuire à ma liberté. Je me sens avoir un tel feu en ce joui que je viens de célébrer la fête de saint Ignace, que si j'étais libre, je ne sais ce que je ne ferais point. Cela me fait voir combien je condamnerais tout le silence et toutes les omissions qu'on ferait dans cette affaire. Il y faut une vigilance et une action continuelles, puisque le temps de le faire est venu.

<v Ce que l'on dit contre moi plus que jamais est un effet de la cabale qui craint ma sortie, que je ne désire point, par la grâce de Dieu, la laissant entre ses mains. Je ne puis que je ne prenne ces remuements qu'on fait contre moi à mon avantage, et que je ne m'en flatte un peu. Je vous dis encore une fois que quand je croirais rentrer dans le grand donjon où j'ai été six mois, et où j'ai pensé mourir, je penserais faire un crime de garder le silence en cette affaire, dans laquelle je vous prie d'agir avec toute l'étendue de votre esprit et de votre pouvoir, en communiquant toutes choses à M. [l'archevêque de Sens, Octave de Bellegarde \ puisque Dieu nous l'a donné, et qu'il lui a inspiré un si grand zèle pour la défense de la grâce de J.-C.

« Je me souviens de ce qu'a dit Pierre de Blois, en une affaire beaucoup moindre que celle-ci, qu'un évêque qui n'est pas lâche, et qui s'oppose aux puissances, peut purger parcelle unique action tous les péchés de sa vie, quelque grands qu'ils eussent été. C'est ce qui lui doit donner du courage, et à nous aussi pour défendre contre qui que ce soit la grâce et la pénitence : car cette défense est notre pénitence et le principal mérite de notre vie. Si nous y manquions,

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