‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 152 sur 524 · LIVRE H · texte numérisé non relu

LIVRE H

aux jésuites, dont il avait autrefois porté l'habit, fit ajouter à cette ordonnance, datée du 27 janvier 1643, non une condamnation, mais seulement une défense d'enseigner, publier, lire, ou retenir, non absolument, mais sans la permission de M. V archevêque, un certain livre intitulé la Théologie familière, ou brève explication des mystères de la foi, imprimé sans aucun nom d'auteur et sans son approbation. Il y fit aussi insérer comme pour motif de cette défense, que ce livret contenait diverses propositions en forme de réponses qui pouvaient induire les esprits à erreur, qui est une manière déparier capable de rendre suspectes toutes sortes de vérités catholiques.

Mais cette ordonnance demeura informe et fut révoquée par un commandement exprès de M. l'archevêque de Paris avant sa publication. Car quelques amis de M. l'abbé de Saint-Cyran allèrent trouver ce prélat, qui ne savait encore rien de cette ordonnance, et lui représentèrent que M. de Saint-Cyran était auteur de cette explication des mystères de la foi, qui ne portait point le nom de catéchisme; que ses amis avaient été contraints de la faire imprimer, à cause qu'un autre qui se l'était attribuée l'avait falsifiée en plusieurs endroits; qu'on s'était persuadé que les approbations ordinaires des docteurs de Sorbonne pouvaient suffire pour l'autoriser; que comme on espérait dans peu de jours la liberté de M. de Saint-Cyran, il lui en rendrait compte en personne, comme il le fit effectivement peu de temps après sa sortie du bois de Vincennes, avec une entière satisfaction de M. de Paris.

Cet archevêque, étant touché de ces raisons, ruina celte nouvelle cabale des jésuites par un acte solennel qu'il fit imprimer et qui est marqué de ses armes, comme étaient ordinairement ses ordonnances et ses mandements, et la clause particulière que l'on avait fait glisser dans celle nuire ofdonttànce informe •< que ce livre contenait diverse» propositions qui pouvaient induire à erreur •> y fut révoquée et supprimée; et il n'y êtftil parlé de cet écrit que dans l'expression générale et commune à tous les catéchismes qui n'avaient pas été fortnellement approuvée de lui, comme ne le sonl pas non plus ceux du I*. Bonnefons l, de Canisius*,

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