LIVRE II
porte à toute sorte de dissolutions, et même au désespoir. Lors même, disait il, que vous êtes le plus avant dans le vice, vous avez de la grâce plus qu'il ne vous en faut. J'atteste votre conscience, si vous ne sentez pas que Dieu vous pousse à vous convertir. C'est un article exprès delà vérité de la foi et de la doctrine de l'Église. »
11 voulut finir par une horrible calomnie ce sermon séditieux : « La quatrième chose, dit-il, qu'ils disent, c'est qu'il est impossible à ceux qui sont dans l'aveuglement et dans l'endurcissement de se sauver, parce qu'ils sont dans un état de nécessité de faire le mal. je ne veux pas dire que ce soit1 une des plus grandes impiétés qu'on puisse proférer. »
Ceux qu'il voulait déchirer ne disconvenaient nullement que ce sentiment ne fût très impie; mais ils niaient que M. d'Ypres l'eut soutenu, et M. Habert devait craindre la peine des calomniateurs.
C'est ainsi qu'il allumait un feu qu'une application de trente années n'a pu éteindre qu'avec des peines extrêmes, et que, faisant de la chaire de Notre-Dame un souverain tribunal, il se donnait l'autorité de condamner la doctrine de saint Augustin, en la personne de M. l'évêque d'Ypres, ne craignant pas de troubler toute l'Eglise pourvu qu'il put satisfaire à sa passion.