‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 172 sur 524 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

règle ce que l'auteur de cet écrit disait ensuite : « Que ce n'avait jamais été la coutume de l'Église d'être plusieurs jours à faire pénitence avant que de communier; que le délai ne nous rend pas plus disposés, et qu'en s'abstenant de communier avec cet esprit on ne rend pas plus d'honneur au Saint-Sacrement. » Toute l'antiquité qu'il voulait bien que l'on consultât, était contraire à cette imagination, et c'est ce que M. Arnauld a prouvé invinciblement dans son ouvrage.

Il l'intitula : de la Fréquente communion, pour faire voir, comme il le témoigne en plusieurs endroits, qu'il ne prétendait nullement en détourner ceux qui se sont mis en état, par une vie chrétienne et des préparations saintes, d'en approcher très souvent; et les jésuites ne pouvaient condamner ce titre, ainsi qu'ils firent depuis ce temps-là, sans condamner en même temps Salzar* etPerlin*, leurs propres confrères, qui avaient intitulé : de la Fréquente communion des ouvrages dans lesquels ils avaient pour but de combattre des abus qu'une préparation trop imparfaite des chrétiens et l'indiscrète fréquentation des sacrements introduisaient en Espagne.

Quoiqu'il connût l'auteur de l'écrit, il l'épargna tellement qu'il ne le voulut pas faire remarquer, ni par son nom de P. de Sesmaisons' qu'il savait, ni par sa qualité de jésuite; et on n'en saurait encore rien si les Pères de sa compagnie ne l'eussent déclaré eux-mêmes, en s'élevant contre le livre de la Fréquente communion avec une chaleur inconcevable.

1. Ferdinand Salzar ou Salazar, jésuite espagnol, mort en 1646, auteur d'un ouvrage intitulé : Praxis frequentandi sacram communionem (1622).

2. Jean Perlin, jésuite espagnol (1574-1638), est auteur d'un livre intitulé : Sacrum convivium, sive de frequentia et usu euchavistix.

3. Pierre de Sesmaisons, jésuite (1588-1648), enseigna la philosophie et la Ihéologie morale et fut nommé préfet de la maison professe de Paris. Son livre intitulé : An melius sit communicare fréquenter quam raro, n'était pas encore imprimé quand Arnauld entreprit de le réfuter.

214 HÉMOIRES DU QODBFROI BERMANT

Page 1