LIVRE III
Féron, Musnier1, Roulé*, Bourgeois», Fleury, de Nully, Mazure4, Loisel5, Du Bourg- labbé, Tristan6, Descures, de Beauharnais7,Malheude,deLisleMarivault,Sarrazin, Guillebert% Grenet9, Du Ilamel10. M. Arnauld y joignit celle de M. de La Borde, chanoine de Paris, et celle de M. Mangueleon ", chanoine de Beauvais, dont le mérite lui était connu 12. Et depuis ce temps-là il fut encore approuvé par toute la province d'Auch et par MM. les évêques d'Oléron, de Leetoure et de Tarbes.
Une occasion particulière, mais très importante, engagea insensiblement M. Arnauld à entreprendre cet ouvrage. Ce fut à la sollicitation et à la prière d'une personne de très grandecondition,laprincessede Guéméné13,qui étant entrée dans une profonde reconnaissance de la grâce que Dieu lui
1. Charles Meusnier devint, en 1633, chanoine d'Orléans. Il mourut en 1667.
2. Roulé, curé de Saint-Barthélémy, eut un moment de célébrité lors de l'affaire de Tartuffe.
3. Jean Bourgeois ou Borghès (1604-1687), docteur de Sorbonne, chanoine de Verdun, puis abbé de la Merci-Dieu.
4. Nicolas Mazure fut curé de Saint-Paul à Paris pendant trente ans et mourut abbé de Saint-Jean-en-Vallée en 1685.
5. Pierre Loisel (1606-1679), curé de Saint-Jean-en-Grève, fut chancelier de l'Université et sept fois recttur.
6. Claude Tristan, chanoine, grand archidiacre et vicaire général de Beauvais, ami particulier d'Hermant, mourut en 1692.
7. Michel de Beauharnais fut aumônier de Gaston d'Orléans, et mourut en 1651.
8. Jean Guillebert (1605-1666), professeur de philosophie et de théologie à Paris, devint curé de Rouville en Normandie, et. contribua à la couversion de toute la famille Pascal.
9. Claude Grenet (1605-1684), curé de Saint-Benoît, nommé en 1668 supérieur de P. R. des Champs.
10. Henri Du Hamel (Charles, selon Moréri), d'abord curé de Saint- Maurice, diocèse de Sens, puis 28 curé de Saint-Merry en 1644, mourut en 1682.
11. Pierre Manpuelen, chauoine de Beauvais, quitta son canonicat pour se retirer à P. R ; il fut confesseur des solitaires jusqu'à sa mort, survenue en 1646.
12. Ms.: «M. Thirinet donna aussi son approbation pour la 2e édition de ce livTf .1.11)3 le temps que le Père Nouët, jésuite, faisait le plus de bruit »t le plus d'éclat pour le décrier par ses déclamations. Et depui-... » — Passage barré au ms.
13. Aune de Rohan, princesse de Guéraéné, avait épousé en 1617 son io germain Louis do Rohan; veuve en 1667, elle mourut en 1685.
avait faite de la toucher, et tâchant de régler sa vie selon les maximes de l'Évangile par la pratique d'une vie chrétienne et pénitente, reçut des mains d'une autre dame de ses amies un écrit par lequel on tachait de la détourner de la voie où Dieu l'avait mise comme d'une voie dangereuse et pleine d'erreurs.
Quoique la personne à qui cet écrit était adresse fût assez persuadée de la vérité pour ne pas se laisser surprendre par un ouvrage aussi faible qu'était celui ci qui faisait passer la plus solide dévotion pour une conduite téméraire et pour un stratagème du diable, elle y remarqua néanmoins de si grands excès qu'elle ne les put lire sans indignation. Car l'auteur' demandait si peu de dispositions* ceux qui s'approchent de ces mystères terribles, et .1 considérait si peu l'avis que l'Apôtre nous a donné de nous éprouver nous-mêmes avant que de manger de ce pain celeste et de boire de ce calice, qui est l'aliment de nos âmes qu'il ne faisait nulle difficulté d'y admettre « ceux qui sont remplis de l'amour d'eux-mêmes et si attachés an monde que de merveille. » C'étaient ses propres paroles. Cela porta cette dame à demander une réponse capable d'éclaircir descentes si importantes qu'elle voyait traiter d'une manière s. injurieuse, et elle demanda avec ardeur la justification d'une conduite qu'elle connaissait par expérience être pleine
de bénédictions et de grâces.
M. Arnauld, s'y voyant engagé par des occasions aussi pressantes que le sont celles de la vérité et de la chante, Pentreprit avec d'autant moins de peine qu il remarqua d'abord l'avantage que l'auteur de cet écrit lui donnait en reconnaissant que la meilleure règle que nous devons garde, pour ne nous point tromper en cette question delarequent communion, comme en toutes les autres choses e est de, -ega der ce qui est conforme à l'antiquité, aux traditions des saints et aux anciennes coutumes de f Eglise. Car il était «se de vaincre un adversaire qui lui fournissait des armes capab s de ruinerson injusteprétention, etquine pouvait éviter d être condamné par les juges qu'il avait nommes 1™-™™J£ en effet il pouvait sans beaucoup de peine ruiner par cette
l. On lisait à la marge : « que l'on a su depuis être le P. de Sesmaisons, jésuite. » Cette indication a été supprimée.