LIVRE III
Les puissances souveraines? — Mais nous avons une reine trop ennemie des nouveautés. — Quoi donc? C'est tout ce que nous avons procuré depuis que notre compagnie est instituée. Ils nous en veulent ravir le fruit et nous ne crierons pas? Est-ce le moyen de réformer les mœurs? Quand ils nous auront retranché les sacrements; quand ils auront persuadé aux prêtres de ne pas dire la messe et détourné ceux qui aspirent à la prêtrise; quand ils auront aboli la théologie scholastique qui nous donne des armes contre l'hérésie; quand ils auront retranché les prédications »
Il se formait ces fantômes pour les détruire et s'emportait aux derniers excès sous prétexte d'une crainte imaginaire qui servait de voile et de couverture à sa passion.
Il continua à prêcher de ce style pendant deux ou trois mois, et il n'y eut point d'injures qu'il ne dit à M. Arnauld, l'appelant « nouveau réformateur, falsificateur des Pères, ignorant, imaginatif, fantastique, mélancolique, lunatique, aveugle, malicieux, furieux, serpent, ayant une langue à trois pointes, armée de passion, de médisance et d'impiété, scorpion, monstre, loup déguisé en agneau, voulant ruiner l'Église comme Luther et Calvin sous prétexte de la réformer. »
Sans considérer que ces injures retombaient sur les évêques et sur les docteurs approbateurs du livre de la Fréquente Communion et qui en avaient recommandé à tout le monde la lecture et la pratique, il se donna l'autorité de défendre cette lecture à ceux qui ne sont pas savants, ne la permettant qu'aux seuls théologiens; mais en les assurant en même temps qu'ils trouveraient cet ouvrage plein de fausseté. Il s'emporta même jusqu'à exhorter ses auditeurs à fuir comme des lépreux tous ceux qui tenaient cette doctrine, à les éviter comme des personnes qui pouvaient corrompre les autres, et à n'avoir nul commerce avec eux. C'est ainsi qu'un jésuite particulier se donnait la liberté d'excommunier des docteurs et des évêques.
Cependant le livre de la Fréquente Communion ne laissait pas «le se répandre dans tout le royaume, et Dieu s'en servait en plusieurs endroits pour toucher le cœur des chrétiens en leur imprimant un profond respect pour le bon usage d'un sacrement qui est le plus grand gage de son amour. Ce lui était une plus grande consolation d'apprendre par
218 MÉMOIRES DE GODRPHOI fil KMANT
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que son silence eût été capable d'exciter du scandale parmi les fidèles, la cause de la vérité l'engagea à publier un avertissement sur ces sermons du P. Nottet pour le fane rentrer en lui-même; et comme la première édition du livre de la Fréquente communion fut promptement épuisée, il inséra cet écrit dans la seconde à la fin de la préface. pendant que ceux qui avaient une plus grande autorité dans l'Église lui procuraient une plus grande satisfaction.