‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 176 sur 524 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Mort pieuse et chrétienne de M. l'abbé de Saint-Cyran. Les jésuites en publient de faux bruits.

On eut occasion en ce temps-là d*adorer les secrets jugements de Dieu qui retira des misères de cette vie M. l'abbé de Saint-Cyran, de qui l'Église attendait l'ouvrage qu'il avait entrepris dans la défense de la foi en répondant à plusieurs traités de quatre ministres. Une captivité de cinq ans ayant interrompu ce grand travail, il l'avait repris dès le jour même qu'il s'était vu en liberté. Mais cette liberté ne fut pas de longue durée, et outre que la santé de son corps avait été notablement affaiblie dans sa prison, il ne jouit guère plus de neuf mois de cette tranquillité.

Il n'avait pas eu besoin de cet état languissant pour se préparer à la mort, il y avait déjà plusieurs années qu'il mettait sa plus grande joie à s'y disposer. Cette pensée était presque Tunique sujet de ses entretiens avecses amis II ne manquait jamais de dicter trois ou quatre points sur cette matière, et on en a conservé plus de mille, dont la plupart ont été imprimés.

Ayant tous les jours devant les yeux les années éternelles, et se sentant diminuer visiblement par une langueur qui le menaçait d'une mort subite, quoique les médecins ne

1. Ici se trouvait uue longue citation des déclamations du P. Noiiet, barrée au ms.

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