CHAPITRE V
Divers écrits contre les Jésuites. Extrait de leur théologie morale. Seconde Apologie de l'Université de Paris publiée sous le rectorat de M. du Moustier.
Dès le commencement de cette année on avait menacé les Jésuites de faire voir au public la corruption de leur morale. On en fit voir un échantillon, vers l'automne, par un petit écrit intitulé : Théologie morale des Jésuites, extraite fidèlement de leurs livres. On y faisait voir les erreurs et les nouveautés qu'ils soutenaient, contre la morale chrétienne en général, contre les commandements de Dieu et chaque article du Décalogue en particulier; contre les sacrements, contre l'Église et la hiérarchie, contre le pape, contre les évêques. Et on faisait voir sur la fin de cet écrit, par le violement qu'ils avaient fait de deux déclarations, qu'il n'y avait nulle sûreté à traiter avec ces personnes, puisque quelque désaveu qu'ils donnent, ils sont toujours prêts de renouveler les mauvaises propositions qu'ils ont une fois avancées. Car on se servaii de la reconnaissance que le P. Philippe d'Alegambe venait de faire de leurs livres d'Angleterre contre la hiérarchie de l'Eglise, et on faisait voir qu'ils avaient autrefois reconnu avec les autres supérieurs des maisons religieuses de Paris, le 19 février 1633, en présence de M. le cardinal de Richelieu, qu'ils ne devaient, et ne pouvaient prêcher la parole de Dieu dans aucun diocèse sans l'approbation et la licence des ordinaires, qui ont droit de les examiner et de les révoquer quand bon leur semblera, et qu'ils ne pouvaient aussi ouïr les confessions des personnes séculières sans leur approbation, laquelle ils peuvent révoquer, quand bon leur semblera, pour incapacité notoire, ou scandale public, ou autres raisons importantes. Mais on montrait en même temps que, depuis cette déclaration, les Pères Bauny et Cellot venaient d'enseigner tout le contraire dans leurs livres.
Quoique cet écrit fût assez court, on ne saurait s'imaginer l'effet qu'il fit dans les esprits. On ne put lire sans horreur le recueil de tant de pernicieuses maximes, et quoique l'on en eût déjà connu quelques-unes séparément, on en