CHAPITRE XIV
Information contre la doctrine du P. Héreau, jésuite, touchant le meurtre des médisants. Le recteur de l'Université de Paris présente une requête au Parlement contre les écrits de ce Père.
Il y avait en ce temps-là dans le collège de Glermont un professeur en théologie morale nommé le P. Héreau, qui ayant été peu connu jusqu'alors se signala en enseignant une doctrine capable de troubler la société publique, et de justifier les meurtres, les assassinats et les crimes les plus horribles.
M. Martin Grandin1, docteur de la société de Sorbonne, et qui y enseignait aussi les cas de conscience depuis la mort de M. Le Clerc, ancien principal du collège de Calvy, fut celui qui découvrit le premier l'excès de ce jésuite, dont les écrits lui étaient tombés entre les mains dès l'année précédente 1643. Nous aurons occasion de parler plus d'une fois de ce docteur, qui étant de Saint-Quentin en Vermandois, pays de M. Lescot, évêque de Chartres, s'était fort attaché à sa personne, et ayant été tiré du collège du cardinal Le Moine, dont il était boursier, pour être reçu en Sorbonne, y a rempli depuis ce temps-là successivement trois différentes chaires de professeur, selon qu'elles lui ont paru ou plus commodes, ou plus utiles.
Comme il n'avait pas dessein d'attaquer directement les Jésuites de peur de les irriter, il se contenta d'avertir secrètement M. de Saint-Amour, qui était encore recteur de
l. Martin Graudiu (1604-16'Jl), docteur de Sorbonne, où il enseigna durant cinquante ans.