‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 210 sur 524 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

rement par quelque vassal que ce soit, et par embûches secrètes, et par cajoleries et flatteries subtiles, nonobstant quelque serment de fidélité qu'on lui ait prêté, et quelque confédération qu'on ait faite avec lui, sans attendre aucune sentence, « La raison est qu'il est permis de tuer ceux qui font du mal, en tant seulement qu'on juge qu'il est expédient et convenable au bien public. Donc il appartient seulement à celui à qui le soin du bien commun a été commis, et par conséquent à celui-là seulement qui a autorité publique, tel que n'est pas chaque particulier. »

M. de Saint-Amour ayant recouvré un autre exemplaire des leçons de P. Héreau, qui avaient été écrites par un nommé M. Lavale, prêtre demeurant à Saint-Sulpice, il fit venir en Sorbonne le même M. Michel Charles, commissaire et examinateur enquêteur au Châtelet de Paris, et en dressa un second procès-verbal, tant de la conformité de ce cahier avec celui du P. de La Vallée, chanoine régulier de Saint-Augustin, après les avoir confrontés ensemble, que de plusieurs autres propositions pernicieuses qui y étaient contenues, et qu'il voulait mettre entre les mains de M. Du Moustier, recteur de l'Université, afin qu'il en empêchât le cours, autant qu'il lui serait possible, ce qui fut exécuté le même jour. Ensuite de quoi, M. de Saint-Amour s'étant transporté par l'ordre de M. le recteur en la communauté des prêtres de Saint-Sulpice, le sieur Lavale reconnut son cahier, et signa qu'il l'avait écrit sous le P. Héreau, ajoutant qu'après tout ce Père était un très bon jésuite ; qu'il était véritablement un peu large dans ses résolutions ; mais qu'il n'était point superbe ni orgueilleux ; et que plusieurs fois dans sa classe, notamment en dictant et expliquant les propositions ci-dessus extraites, il leur avait dit qu'il y avait beaucoup de personnes qui les trouvaient étranges, mais que pour lui, il ne proposait pas tant ses sentiments comme il était l'interprète de ceux des autres, et qu'il avait toujours des auteurs pour ses garants.

260 MÉMOIRES DE GODEPROl BERMAN1

Page 1