LIVRE III
la sûreté de la sacrée personne de nos rois, à la vie des particuliers et à la tranquillité publique. On ne pouvait concevoir sans peine qu'ils eussent encore la témérité de flatter des princes qu'ils exposaient par leur cruelle théologie aux épées des assassins, et qu'ils poursuivissent par leurs intrigues l'oppression d'un docteur célèbre et l'anéantissement de l'autorité des évêques, dans le temps même que la découverte de leur méchante morale les rendait si odieux à toute la terre. Mais ils crurent en être quittes pour emprunter le langage des martyrs dans le temps même qu'ils exerçaient une violence digne des anciens persécuteurs des chrétiens, et ce fut dans cet esprit qu'ils accusèrent quelque temps après M. du Moustier, recteur, par la plume d'un de leurs Pères1, d'avoir conjuré la ruine de ses maîtres au même temps que le sang de Notre Seigneur fut vendu. Ce qu'on leur fit voir être d'autant plus insupportable que la chose ne pouvait avoir été concertée par l'Université de Paris, pour l'impression de la requête, et qu'on leur montra par l'exemple de saint Louis qui n'avait pas voulu pardonner à un blasphémateur, quoiqu'il lui demandât pardon en un jour de vendredi saint, qu'il est toujours temps de faire justice, et de la poursuivre quand il s'agit de choses de cette importance, qui ne souffrent pas de retardement.