‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 215 sur 524 · I'. C.tii-Hii. iL'iijs ><>n Apologie des jrsuites · texte numérisé non relu

I'. C.tii-Hii. iL'iijs ><>n Apologie des jrsuites

2()4 MÉMOIRES DR GODEFROl BERNANT

des plus considérables de L'Église gallicane. !l avait l'honneur de porter l'habit de Saint François, qui a prêché toute

sa vie la pénitence, non seulement par ses paroles, mais aussi par ses mortifications, par ses souffrances, et par l'établissement de son saint Ordre, dont les salutaires austérités ne doivent tendre qu'à en conserver l'esprit; et ce lui devait être une consolation sensible de voir que M. Arnauld eût conspiré au dessein de son saint et admirable patriarche, en tâchant de rallumer dans les cœurs la ferveur de l'amour de la pénitence, que le relâchement des derniers siècles avait si malheureusement ralentie. De plus, comme l'Église a accoutumé de protéger les affligés qui sont innocents, et de parler pour ceux mêmes qui sont coupables, l'état où était M. Arnauld par l'ordre que les Jésuites lui avaient fait expédier d'aller à Rome, méritait plutôt des consolations que des insultes et des invectives, et rien n'était plus digne de la charité d'un religieux d'un ordre des plus austères, que de lui donner des marques d'une juste et sincère compassion. Enfin il n'y a pas d'homme prudent qui ne consulte ses forces avant que de s'engager dans une entreprise de la dernière importance; et ce religieux, ne voyant pas dans son fonds assez de lumière et de connaissance des vérités théologiques pour entreprendre un combat dont le succès ne pouvait être avantageux à ceux qui n'avaient pas pris le soin de s'instruire de l'ancienne tradition touchant la pratique des sacrements de la Pénitence et de l'Eucharistie, il n'avait pas, ce semble, d'autre parti à prendre en cette rencontre que de demeurer dans le silence, et de se contenter de demander à Dieu, par ses prières, la réunion des esprits et la paix de toute l'Église.

Mais au lieu de se conduire par ces pensées si raisonnables et si chrétiennes, il crut devoir seconder le zèle amer du P. Petau et de ses confrères, pour demander à la reine la destruction de M. Arnauld et de tous ceux qui avaient de l'estime pour son livre, quoique son ordre eût moins d'intérêt qu'aucun autre dans cette querelle, parce que, par son institut, il ne se doit point mêler de confessions, ni de la conduite des âmes dans le tribunal de la pénitence, qui était le principal sujet du livre de la Fréquente communion. Il ne pouvait pas aussi prétendre d'avoir une procuration générale de toute l'Église pour s'opposer à ses désordres,

Page 1