‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 218 sur 524 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Les évoques approbateurs du livre de la Fréquente communion écrivent à Rome pour Je défendre.

Comme le nombre et la dignité des évêques approbateurs de la Fréquente communion était un grand embarras pour les Jésuites, après avoir méprisé publiquement leur autorité par les sermons du P. Nouet et dans le livre du P. Petau, ils s'avisèrent de publier ce faux bruit, que ces prélats s'étaient repentis de l'approbation qu'ils avaient donnée au livre de M. Arnauld. Ils répandirent cette calomnie dans Toulouse, dans le temps même que Msr l'archevêque y était actuellement, et on a quelques-unes de ses lettres originales dans lesquelles il se plaint de cette imposture, quoi qu'il témoignât tous les jours à ses amis le contraire de ce qu'on publiait touchant ce regret prétendu.

Mais Dieu permit, par un juste jugement, que ces Pères fussent encore couverts de confusion sur cet article, car ces prélats les convainquirent de mensonge et de malice par une lettre qu'ils adressèrent au Pape Urbain VIII, où ils confirmèrent de nouveau leurs approbations, qui était une puissante et glorieuse justification de cet illustre docteur contre les libelles et les intrigues des Jésuites.

Ces évêques commencent leur lettre par exposer à •linteté l'obligation qu'ils ont eue de renouveler l'ancienne et louable coutume de leurs pères, qui informaient, par leurs lettres, le Saint Siège apostolique des choses les

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plus difficiles qui arrivaient dans leurs Églises particulières, mais que jamais la nécessité n'eu a été plus pressante que dans la conjoncture où ils se trouvent ; qu'ils ne peuvent lui dissimuler ce qu'ils voyent et ce qu'ils éprouvent tous les jours, que quelques personnes veulent établirparmi eux des maximes dangereuses, qui n'affaiblissent pas seulement, mais qui détruisent la suprême autorité de Sa Sainteté, par la propre confession d'elle-même, selon qu'elle l'a déclaré publiquement ; qui blessent tout le corps de la hiérarchie ecclésiastique, et principalementl'ordre épiscopal;qui changent très souvent l'usage des sacrements, qui doit toujours être très saint et très salutaire, en un abus pernicieux et déplorable, lequel fait gémir les gens de bien, et qui ne procurent pas des remèdes utiles pour purifier les moeurs des hommes dépravés et corrompus, mais introduisent des flatteries et des palliations avec lesquelles ils les couvrent, ainsi que leurs propres maximes, fidèlement tirées de leurs livres, peuvent en convaincre très manifestement les hommes.

Ils se plaignent de ce que, lorsqu'ils ont voulu travailler, autant qu'il leur était possible, selon le devoir de la charité épiscopale,pour arrêter le cours de ce mal, ils ont eu la hardiesse de s'élever contre leur autorité par des sermons insolents, d'exciter des troubles, et d'employer tout leur pouvoir pour opposer une rébellion opiniâtre à la puissance ecclésiastique.

Ils ajoutent que leur violence et leurs entreprises, peu dignes de l'esprit du christianisme, ont paru principalement lorsque le livre de la Fréquente communion, composé par M. Antoine Arnauld, docteur de Sorbonne, et autorisé par l'approbation de seize tant évêques qu'archevêques et de vingt docteurs de la Faculté de Théologie de Paris, a été mis en lumière, que cela est venu de ce que n'ayant pu supporter avec patience que l'écrit de l'un d'entr'eux fût réfuté dans ce livre par les témoignages des Saints Pères, très clairs et très convaincants, ils ont recherché toutes sortes de moyens pour pouvoir ruiner l'autorité du jugement des évêques, décrier cette doctrine, et rendre odieux l'auteur qui l'avait écrite, ou plutôt qui n'avait fait que transcrire la tradition de l'Église sur ce sujet.

Ces évêques témoignent que Sa Sainteté n'aura pas de

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