LIVRE
pagnie, ce qui aurait pu arriver si les évêques de France, qui avaient découvert leurs artifices, n'y eussent remédié avec vigueur. Mais comme cette intrigue de cour n'avait point eu le succès qu'ils en espéraient, ils furent réduits à faire un petit recueil de ces injures prétendues de Petrus Aurelius qui ne manqua pas de les réfuter aussitôt et de recueillir lui-même les injures d'Hermannus Loëmelius contre les évêques de France et la Faculté de théologie.
Ainsi le désespoir de se défendre les contraignit d'en donner un désaveu, et de nier par écrit, contre le témoignage de leur propre conscience, que ces livres d'Angleterre qui faisaient tant de bruit et tant d'éclat fussent l'ouvrage d'aucuns de leur corps. Mais la doctrine des équivoques, qui leur est un grand et inépuisable fonds pour toutes sortes d'affaires, les tira encore de celle-ci, du moins selon les apparences extérieures ; car on en savait déjà assez pour être persuadé de la vérité du fait, et la vanité d'un de leur Pères1, qui voulait grossir leur bibliothèque du nombre de leurs livres, leur donna publiquement le démenti, quelques années après, contre sa propre intention, découvrant sans y penser le mystère de la restriction qui était venue heureusement à leur secours dans leur extrême besoin. Voici ce que portait leur déclaration :
« Nous soussignés, religieux de la compagnie de Jésus en France, déclarons que les livres intitulés Nicolaus Smithius et Danielis a Jesu Apologia, Hermanni Loëmelii Spongia, Querimoniœ Ecclesiœ Anglicanœ, et Appendix ad Mustrissimum Archiepiscopum Parisiens em, n'ont pas été composés par aucuns religieux de notre compagnie, ce qui fait que nous les désavouons pour tels. Et à raison des dissensions qui en sont arrivées, voudrions de bon cœur que les auteurs desdits livres n'eussent jamais pensé à proposer telles questions. Fait à Paris, le 23 mars 1633. »
« Louis de la Salle. — Etienne Binet*. Julien Hayeneufve3. — G. Maillan. »