‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 220 sur 524 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Enfin ils supplient 1res humblement Sa Sainteté d'imposer silence à ces personnes, et de maintenir d'autant plus l'honneur de la dignité épiscopale, que les exemples de nos jours ont fait voir à tout le monde qu'il est aisé de passer du mépris de l'autorité des évêques au violement de la révérence due au Saint Siège Apostolique.

Ces prélats accompagnèrent leur lettre au pape d'une autre qu'ils adressèrent sur le même sujet à M. le cardinal François Barberin, à qui ils parlèrent fortement des périlleux temps auxquels ils se trouvent réduits. 11 lui témoignent que la mollesse des esprits et l'affaiblissement de la discipline toute languissante a passé jusqu'à un tel excès, qu'il n'est presque plus permis de parler ni de la véritable pénitence, ni du sincère amour de Dieu. Que c'est l'artifice dont se sert aujourd'hui l'ennemi du genre humain, qui veut faire passer ce relâchement de la piété abâtardie pour la piété véritable, comme si c'était s'égarer du droit chemin que de quitter son égarement pour rentrer dans le droit chemin; que c'est ainsi que l'on voit que la parole de l' Apôtre est déjà accomplie dans une grande partie des hommes. Ils ne peuvent plus souffrir la saine. doctrine, et ayant une extrême démangeaison d'entendre ce qui les flatte, ils onl recours à une infinité de docteurs propres à satisfaire leurs désirs, et fermant l'oreille à des vérités, ils l'ouvrent à des contes et à des fables. Que c'était ainsi que l'on entretenait la licence de toutes sortes de vices, et qu'on anéantissait la croix de J.-C, étant vrai de dire que l'on faisait un jeu des plus grands crimes, et qu'on faisait presque un crime de la pénitence.

Ces deux lettres, qui justifiaient pleinement M. Arnauld, faisaient une étrange peinture des Jésuites; l'impression les rendit publiques, et ils eurent un très grand sujet de se repentir à loisir des faux bruits qu'ils avaient publiés, en attribuant à ces prélats le regret d'avoir approuvé le livre de la Fréquente communion.

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