Ms. : « tous ceux
2. François Pinthereau, jésuite (1604-1664), écrivit sous le? pseudonymes d'abbé de Boisic et de Préville.
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homme qui vivait encore, quoiqu'il fût mort il y avait plus de vingt ans. Mais le P. Le Moine crut que le mensonge était de saison pour garantir les Jésuites de l'horreur que l'on avait conçue contre eux cette année lorsqu'ils se transformèrent, tantôt en officier d'Arras, tantôt en ministre huguenot, pour se donner le droit d'écrire à M. Arnauld des lettres infâmes, pleines de faussetés, de mensonges et d'impostures, et qui firent voir à tout le monde que les masques les plus affreux ne leur étaient pas désagréables pour se cacher impunément, en disant les plus sanglantes injures.
L'Université de Paris, connaissant que ce Manifeste du P. Le Moine, ne serait qu'une nouvelle manifestation de la faiblesse de toute la Société1, ne crut pas y devoir faire d'autre réponse qu'en publiant un extrait des principaux excès qu'elle y avait remarqués, et en l'insérant dans sa réponse à l'Apologie du P. Caussin. Elle recueillit quelques-unes de ses injures sans les réfuter, et se contenta d'exposer aux yeux du public la témérité d'un écrivain qui avait osé soutenir que « le livre du P. Rabardeau, avait été publié par le commandement exprès du feu roi, et de l'avis de son conseil, et que le livre du P. Bauny n'avait été censuré, que pour appuyer trop les coutumes et les privilèges de la France » ; ce qui n'était rien moins que rendre la Faculté de théologie l'ennemie déclarée des droits et des libertés de ce royaume très chrétien, dont les Jésuites n'ont jamais passé pour de trop zélés défenseurs.
Gomme cet écrivain était en possession d'enchérir sur les hyperboles les plus guindées, il n'avait fait nulle difficulté d'exprimer sa passion par ces paroles injurieuses: « Ces messieurs-là, disait-il, seront toujours de tous les partis, pourvu qu'ils nous soient contraires. Aujourd'hui ils prendraient le rouge et demain le jaune, si par là il y avait quelque chose à gagner sur nous. Et de la façon qu'ils agissent, s'il arrivait undervis envoyé pour prêcher l'Alcoran, s'il venait un Marave publier le Talmud ; je ne sais s'ils ne brigue-
1. Il y avait primitivement au ins. : « et que l'enflure du style de cet auteur se crèverait d'elle-même pour faire couler sur son visage le pus et l'ordure dont il était tout rempli. » Ilennaut s'est relu, et il a barré, avec raison.
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raient point pour eux des chaires et des auditeurs, pourvu qu'ils déclamassent contre les Jésuites. »
Ce ne sont là que de Légers échantillons des calomnies si atroces de cet auteur, qui méritaient d'être expiées par des réparations publiques, si elles n'eussent été répandues dans un temps où les Jésuites s'affermissaient de plus en plus dans la libre et entière possession de faire et de dire impunément toutes choses contre les lois les plus inviolables et les plus saintes de la vérité, de la charité et de la justice.