‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 227 sur 524 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Réponse du P. Caussin à l'Extrait de la Théologie morale. Le P. Pintuereau publie un nouvel ouvrage sur le même sujet.

Toutes les personnes équitables avaient conçu une si juste horreur de la théologie morale des Jésuites, depuis que l'on en avait publié un petit extrait l'année précédente, que ces Pères, qui en avaient reçu une blessure très profonde dans leur réputation, tâchèrent d'y appliquer plus d'une sorte de remède. Comme ils se défiaient avec raison que les armes peintes du Père Le Moine ne seraient pas fort capables de repousser les atteintes de leurs ennemis, ils engagèrent tout de nouveau le P. Caussin dans ce combat, et on vit paraître dès la même année 1644 un ouvrage ^nouveau] de sa façon, intitulé : Réponse au libelle intitulé La Théologie Morale des Jésuites; dédié à nosseigneurs les éminentissimes Cardinaux et illustrissimes et révérendissimes Archevêques et Evêques de France. Soit qu'ils appréhendassent d'être censurés selon leur mérite dans l'assemblée générale du clergé qui se devait tenir l'année suivante, soit qu'ils voulussent éblouir le morfde par la confiance excessive, avec laquelle ils tâchaient de se défendre publiquement, ils usèrent encore une fois de l'autorité qu'ils avaient sur le P. Caussin, leur confrère, pour sacrifier sa conscience et le reste de sa réputation aux intérêts de sa compagnie.

Il commença à lui payer ce tribut d'iniquité dans l'épitre même de son livre qu'il adressait aux prélats. Car en demeurant toujours dans l'équivoque de ses Pères, sur le sujet des livres de Smitheus et de Loemelius contre Tordre hiérarchique, il dit aux prélats : « Qu'il sait bien que les calomnia-

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