‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 231 sur 524 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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d'une déclaration qui leur serait prescrite sur ce sujet.

Mais M. Arnauld, qui était informé de la cabale que l'on formait contre lui pour le condamner sous le nom d'un calviniste, ne s'endormit pas dans sa solitude. S'étant appliqué en particulier à lire ce nouveau livre, bien loin d'y remarquer cette prétendue conformité de sentiments avec ceux qu'il avait établis dans la Fréquente communion, il reconnut que M. de la Milletière se déclarait hautement contre lui en plus d'un endroit, l'accusant « de n'avoir parlé qu'en tremblant, d'avoir altéré la vérité de l'Évangile, qui n'admet, comme elle est spirituelle, ni division ni partage; d'ignorer la nature du sacrement de pénitence et de la dépraver entièrement; d'énerver toute la vertu de la croix de J.-C. en laquelle consiste la première efficace de ce sacrement; et de n'avoir sur ce sujet que des pensées vaines et impertinentes. » Il y remarqua aussi un très grand nombre d'erreurs directement opposées aux vérités catholiques qu'il avait si invinciblement soutenues ; et ayant entrepris de réfuter cet ouvrage par une lettre qu'il adressa à MM. les prélats approbateurs de son livre de la Fréquente communion, il le fit avec tant de promptitude et de diligence que cette lettre, qui est de plus de soixante pages, parut imprimée avant la publication de la censure de la Faculté; ce qui couvrit de confusion les docteurs particuliers qui lui avaient tendu ce piège, et découvrit tout de nouveau à tout le monde la sincérité de son cœur, et la sagesse qui lui avait fait tenir un juste milieu entre le relâchement de ceux qui réduisent la pénitence à des paroles sans fruit et sans effet et l'excessive rigueur de M. de la Milletière, qui ne tendait pas moins à condamner l'Église dans les premiers siècles que l'usage le plus commun dans ces derniers temps l.

M. de la Milletière, qui voyait son grand projet comme ruiné par cette censure, fit imprimer une Très humble remontrance à la reine, sur V empêchement qui lui était donné

i. Kcrit puis barré au ms. : « Quant aux docteurs qui avaient approuvé le Pacifique véritable, M. Hénière ne différa pas longtemps à se soumettre à la censure de la Faculté et à souscrire la déclaration qui lu. fut présentée sur ce sujet. 11 .feu fut pas de mrmc de MM Bazire et de Flavigny, qui ne se rendirent qu'après avoir été privés des droits de la Faculté pendant plusieurs années entières. ».

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de publier les raisons pour lesquelles il désirait entrer en la communion catholique et induire tous ceux de sa communion d'y entrer avec lui. Il se plaignit dans cet écrit de ce qu'ayant adressé une lettre à la Faculté pour lui demander un amiable éclaircissement avec les commissaires députés pour l'examen de son livre, les docteurs avaient procédé à la censure, sans le vouloir ouïr, et n'ayant censuré aucune de ses propositions directement et comme elles étaient couchées, s'étaient contentés d'en condamner les seules conséquences qu'ils en inféraient1. Mais enfin Dieu lui fit la grâce d'ouvrir les yeux quelque temps après [et] d'entrer dans l'Eglise catholique où il fit sa profession de foi, et d'en conserver la communion jusqu'à la mort.

Cependant les Jésuites, qui voulaient profiter de toutes choses, publiaient sur ce sujet un libelle sous ce titre : Application de la censure du livre intitulé : Le Pacifique véritable au livre de la Fréquente communion Mais ces conformités imaginaires qu'ils prétendaient y remarquer ne firent aucun effet, et cet écrit fut négligé comme plusieurs autres qui demeurèrent sans réplique.

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